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L'article provient de TVA Nouvelles

Le Parti libéral du Canada est un voleur à l’étalage des autres partis

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Photo portrait de Antoine Robitaille

Antoine Robitaille

25 mars
25 mars à 0h15
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La vidéo d’une question posée vendredi au chef libéral Mark Carney par mon collègue Raphaël Pirro est devenue virale.

Pas surprenant, c’était savoureux: «En une semaine [...] vous avez déjà éliminé une partie de la taxe sur le carbone, vous avez promis d’annuler la hausse sur les gains en capital, vous avez rouvert la porte aux projets de pipeline, vous avez aussi promis d’annuler la TPS sur l’achat de la première maison... Ma question est simple: pourquoi ne vous êtes-vous pas présenté pour le Parti conservateur?»

Pourtant très susceptible, le nouveau chef libéral a évité la colère, préférant un rire nerveux. Il tenta une réponse: il y a, a-t-il insisté, de nombreuses différences entre le PLC et le PCC. Par exemple, lorsqu’il a réduit la TPS, lui, Carney, n’a pas aboli le Fonds pour accélérer la construction de logements. Euh...

On nage, comme le disait Freud, en plein «narcissisme des petites différences». C’est-à-dire l’accentuation grotesque d’aspects mineurs, afin de se distinguer.

Imitation irresponsable

M. Carney a poursuivi son exercice d’imitation conservatrice hier en promettant... une baisse d’impôt. Ce à quoi Pierre Poilievre a répliqué en renchérissant, s’engageant lui aussi à réduire l’impôt, mais encore plus.

Le Dominion est en déficit de quelque 60 milliards $. L’incertitude aiguë causée par la guerre absurde et injustifiée des tarifs douaniers trumpiens nous plongera sans doute dans une récession économique sévère à court ou à moyen terme. Mais les chefs des deux grands partis du Dominion préfèrent se livrer à une surenchère de baisses d’impôt; des manques à gagner permanents pour un État déjà dans le rouge.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Lecture refusée
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Mais c’est souvent ainsi avec les partis de pouvoir. Surtout le Parti libéral du Canada, qui, au fond, se prend pour le Canada. C’est le «natural governing party», comme on dit dans le ROC (Rest of Canada). La principale conviction de cette formation politique est de se maintenir au pouvoir coûte que coûte.

Pendant les neuf jours où Carney a gouverné le Canada à titre de premier ministre non élu, il s’est employé à piger dans le buffet du programme Poilievre, voie que lui avait indiquée Chrystia Freeland. La campagne commencée, Carney semble vouloir poursuivre son travail de calque.

Vieux réflexe

En 1974, pour juguler un phénomène d’inflation galopante, les conservateurs de Robert Stanfield proposèrent, lors de la campagne fédérale, de plafonner les salaires et les prix. Pierre Elliott Trudeau se moqua de la mesure et de ses défenseurs, promettant de ne jamais faire de même.

Une fois reporté au pouvoir en juillet 1974, il reprit, sans vergogne, l’idée de Stanfield et l’appliqua (malgré des assises constitutionnelles douteuses). Depuis 1972, Trudeau père était minoritaire et gouvernait grâce à l’appui du NPD. Il ne s’était donc pas gêné pour piger dans le programme du parti de gauche, dirigé alors par David Lewis. Comme Justin Trudeau, de 2021 à 2025, avec le NPD de Jagmeet Singh. Le PLC? Un voleur à l’étalage, doublé d’un caméléon politique déconcertant.

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