Publicité
L'article provient de Le Journal de Montréal
Culture

5 questions à Rachel Graton, réalisatrice de «Chère Clémence», un hybride entre la captation et le documentaire qui rend hommage à Clémence DesRochers

Télé-Québec
Partager
Photo portrait de Emmanuelle Plante

Emmanuelle Plante

8 mars à 6h
Partager

Rachel Graton est animée par la création. Ce sont les projets qui définissent le médium, faisant d’elle une touche-à-tout qui tisse finement chacune des œuvres qu’elle embrasse. Comme comédienne, elle incarne Ève Garance dans Portrait-robot et de multiples rôles dans Kamikazes! On l’a aussi vue dans Un lien familial, dans la deuxième saison de Faits divers, Les Simone et Au secours de Béatrice. Appelée par la réalisation, elle a pondu deux courts métrages avant de se lancer dans la captation de La nuit du 4 au 5, puis dans la charmante série web Cœur vintage, dont elle tourne la deuxième saison. 

Avec Chère Clémence, elle nous plonge dans l’univers de la monologuiste qui savait si bien brosser notre quotidien. Une œuvre unique et touchante où Sophie Lorain, Lise Dion, Marie-Thérèse Fortin, Anne-Marie Cadieux, Kathleen Fortin, Vincent Graton, Isabelle Vincent, Muriel Dutil et Charlie Monty incarnent les personnages qui ont peuplé ses écrits et ses chansons avec humour ou une douce mélancolie.

Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

Comment s’est fait le choix des textes à travers toute l’œuvre de Clémence DesRochers?

C’est une idée d’Ève Déziel (productrice au contenu), qui souhaitait réunir des actrices pour rendre hommage à l’œuvre et à Clémence. Elle a choisi des gens que Clémence aime beaucoup et qui étaient de véritables virtuoses pour ce travail. Ève voulait des textes qui vont dans l’humour comme dans la mélancolie et qui restent contemporains. Elle a donné une parole aux femmes; parler d’écologie, de publicité, de ménopause, de la vie d’ouvriers. Après, j’ai eu à créer le contexte. Clémence a fait beaucoup de scène, mais c’était de voir comment faire la conversion cinématographique. On n’est pas dans une captation. On est dans quelque chose d’accessible, conçu pour les téléspectateurs.

Publicité
Tout se déroule dans un bowling qui prend même les allures un peu industrielles de La vie de factrie. Pourquoi ce lieu?

Je me suis inspirée du texte Les jeudis du groupe, où trois femmes se retrouvent dans un salon de bowling pour la soirée de liberté qu’elles s’accordent. Lors de la visite technique au Bowling Darling, j’ai fouillé toutes les zones, toutes les garde-robes, tous les racoins, ouvert toutes les portes. C’est un lieu en lien avec la musicalité et le ton des œuvres. L’endroit où on a tourné avec Marie-Thérèse Fortin était tellement étroit! Ensuite, c’est un travail de conception avec tous les collaborateurs pour arrimer une facture visuelle. Ceux qui ne connaissent pas Clémence DesRochers vont trouver ça accrocheur. Ceux qui la connaissent vont reconnaître son univers.

Télé-Québec
Télé-Québec

Les personnages sont féminins, mis à part la présence de Vincent Graton, Michel Tremblay et Yvon Deschamps.

Le monologue de L’acheteuse parle de la surconsommation. C’est un clin d’œil au père de Clémence, Alfred DesRochers, dont elle était très proche. Ça parle d’un retour aux sources. C’est son legs. Yvon dit qu’il ne serait pas là sans Clémence. Pour Michel Tremblay, s’il n’y avait pas eu Les jeudis du groupe, il n’aurait pas écrit Les belles-sœurs.

Comment as-tu dirigé les comédiens?

On a décortiqué l’enjeu des textes. Le danger était de vouloir imiter Clémence dans sa musicalité, son ton. Ce qui fait le comique des textes, c’est le paradoxe. Elle a exacerbé les travers du quotidien, fait de la transposition pour que les gens s’y reconnaissent. Chaque interprète est allé dans ce sens pour trouver sa vision, son rythme et ne pas se mettre trop de pression.

Télé-Québec
Télé-Québec

Qui est Clémence DesRochers pour toi?

Elle est une inspiration, une pionnière, une grande poète, une artiste proche du public. Elle a pris des positions politiques et sociales en touchant à l’intime, sans lever le poing tout le temps. C’est une chance d’avoir pu tourner chez elle. Je voulais que le plan final nous permette de la découvrir dans son environnement. Notre entretien m’a nourrie beaucoup. Elle est d’une grande authenticité. Elle a osé raconter l’amour entre deux femmes, ouvert des coins de liberté pour plusieurs avec aplomb. Elle a offert une liberté à la voix des femmes. Elle les a rassemblées dans les salles pour qu’elles entendent parler d’elles. C’est puissant. Elle a créé une solidarité dont on a tellement encore besoin.

Chère Clémence
Samedi 8 mars, 21 h, à Télé-Québec

Publicité
Publicité

Sur le même sujet

📰 LES DERNIÈRES NOUVELLES DE QUB

Les nouvelles d'autres marques

Image du contenu audio en cours