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L'article provient de Le Journal de Montréal
Monde

La planète a chaud: plus de 1200 décès dans le four espagnol

Travailleurs extérieurs et touristes de la capitale Madrid doivent vivre avec des températures de plus de 40°C

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Photo portrait de Clara Loiseau

Clara Loiseau

24 juillet 2022
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MADRID, Espagne | C’est sous un soleil de plomb et des températures pouvant dépasser les 40 °C que des milliers de travailleurs doivent s’éreinter en Espagne.

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« Là, il fait facilement entre 5 °C et 10 °C de plus que dehors, donc peut-être 45 °C, 47 °C. C’est très difficile de travailler, mais on n’a pas le choix », raconte au Journal Angel Gutierrez Agudo, qui tient un kiosque de journaux et souvenirs sur la Calle Grand Vía, la plus célèbre avenue de Madrid.

Derrière son comptoir, deux ventilateurs l’aident à passer à travers ses sept heures de travail quotidiennes.

« Je bois aussi beaucoup d’eau, mais c’est long », ajoute le jeune homme.

Mourir de chaleur

Depuis le 9 juillet, l’Espagne bat des records de température. Certaines régions ont vu le mercure grimper jusqu’à 45 °C.

Selon les données de l’Agence météorologique d’État (AEMET), c’est la première vague de chaleur aussi extrême qui s’abat sur le pays, rapportait le quotidien El Pais.

Dans la capitale du pays, les 40 °C ont été dépassés plusieurs fois jusqu’au 18 juillet, et ont mené à plus de 1200 décès, d’après les données gouvernementales.

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Parmi les victimes, au moins trois travailleurs qui ont attrapé des coups de chaleur, dont un nettoyeur de rues madrilène de 60 ans, José Antonio González.

« Avec la chaleur et le travail, les entreprises et la mairie n’ont pas pensé à la santé des travailleurs jusqu’à ce qu’il y ait un mort. C’est quand un collègue meurt qu’ils commencent à faire les choses », regrette Luis Agudo, secrétaire à la communication du syndicat Limpiezas, qui représente des employés chargés de l’entretien des rues.

Outre les décès, ce sont aussi des hospitalisations et des dizaines de coups de chaleur qui sont signalés au syndicat, indique M. Agudo.

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        Personnes vulnérables

        Sur la Plaza Mayor, hier, alors que le soleil avait atteint son zénith, des travailleurs d’origine pakistanaise souffraient le martyre dans des costumes de mascottes.

        « On a du mal à respirer, on a extrêmement chaud, mais on n’a pas le choix d’être là. Il faut bien qu’on gagne de quoi manger », laisse tomber l’homme déguisé en Luigi, qui a demandé à garder l’anonymat.

        « Heureusement, il fait quand même un peu moins chaud que la semaine dernière », affirme son collègue, alias Mickey Mouse.

        De son côté, María Calles, une Madrilène de 73 ans, a du mal à passer à travers ces épisodes de chaleur.

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        « J’essaie de rester au frais, mais je dois quand même sortir. Et dehors il fait tellement chaud que le sol est brûlant et fait gonfler mes jambes. J’espère que ça va finir bientôt », confie-t-elle. 

        On se bouscule pour marcher à l’ombre 

        Les visiteurs et résidents qui parcourent les rues de la capitale espagnole font tout pour trouver le moindre moment de répit de chaleur et de soleil.

        Sur les trottoirs de la Calle Grand Vía, célèbre avenue madrilène, ça se bouscule pour marcher à l’ombre.

        Certains font des pauses en s’accotant sur les immeubles. D’autres bravent le soleil armé d’un parapluie pour se protéger.

        Beaucoup de bouteilles d’eau

        Angel Gutierrez Agudo travaille sept heures par jour dans son kiosque au cœur de Madrid, dont la température dépasse régulièrement les 45 °C.
        Angel Gutierrez Agudo travaille sept heures par jour dans son kiosque au cœur de Madrid, dont la température dépasse régulièrement les 45 °C. Photo Clara Loiseau

        Les kiosques de souvenirs et de journaux écoulent autre chose que leurs produits phares.

        « Je vends plus de 80 bouteilles d’eau par jour depuis quelque temps, c’est vraiment beaucoup plus que d’habitude », affirme au Journal Angel Gutierrez Agudo, qui tient le commerce pignon sur rue sur la grande avenue.

        Les passants disparaissent

        Avec la chaleur, il remarque que les passants se font beaucoup moins nombreux.

        « C’est surtout le soir qu’on voit les gens sortir. Ils attendent que la température redevienne agréable », ajoute-t-il.

        Hors du centre-ville très touristique et de ses boutiques climatisées, certains quartiers avaient l’air d’être abandonnés. Les rues sont vides, les quelques parcs aussi.

        Les rideaux sont tirés, les volets fermés : tout pour éviter que la chaleur pénètre à l’intérieur.

        Sangria !

        Sur les terrasses des restaurants, il n’y a pas d’heure pour se désaltérer avec un verre ou un pichet de sangria. Les clients sont nombreux à profiter de l’ombre du parasol et des brumisateurs.

        Même le Tim Hortons du centre-ville de Madrid est un lieu de choix pour profiter de l’air conditionné et des cafés glacés.

        En soirée, la ville s’anime et les résidents sortent pour profiter des restaurants et de la température un peu plus clémente, même si elle se situe à 33 °C, à 23 h.

        - Avec la collaboration de Nora T. Lamontagne, Le Journal de Montréal.

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