Le Calder à Hutson?: les preneurs aux livres n’y croient pas pantoute

Nicolas Cloutier
Malgré la saison historique que connaît Lane Hutson, il se passe quelque chose de curieux: aucune plateforme de paris sportifs ne le donne favori pour l’obtention du trophée Calder.
FanDuel, DraftKings, Odds Shark, Sports Interaction: tous préfèrent Macklin Celebrini des Sharks de San Jose au petit défenseur dans la course.
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Chez FanDuel, on croit avec tellement de conviction que Celebrini recevra l’honneur qu’on est prêt à vous donner 450$ pour chaque tranche de 100$ misée sur Hutson. Cette même plateforme ne vous donnera inversement que 100$ pour chaque tranche de 280$ investie sur le prodige des Sharks.
Que Celebrini soit donné favori est une chose, mais ici, l’écart est quand même considérable, tandis qu’à Montréal, la course est considérée comme étant extrêmement serrée entre les deux joueurs.
Joueur | DraftKings | FanDuel | Sports Interaction | Odds Shark |
---|---|---|---|---|
Macklin Celebrini | -280 | -280 | -295 | -240 |
Lane Hutson | +350 | +450 | +400 | +270 |
Avantage Hutson?
D’aucuns diront même que Hutson devrait avoir la première position.
Passons d’abord aux aveux. Ce que Celebrini fait à seulement 18 ans au sein d’un club moribond est digne de mention. Hutson n’aurait sans doute pas eu la même efficacité s’il avait dû faire le saut dans la LNH à un âge aussi précoce.
Le premier choix au total de l’encan 2024 connaîtra possiblement une meilleure carrière que son ancien frère d’armes de l’Université de Boston. Mais pour la course au Calder, l’âge n’est pas un facteur, pourvu qu’on y soit admissible.
La description officielle que fait la LNH du trophée Calder est la suivante: «remis annuellement au joueur le plus compétent [proficient] à sa première année de compétition».
Historiquement parlant, les accomplissements de Hutson sont plus rares. Aucune recrue évoluant comme défenseur n’a amassé autant d’aides que Hutson depuis Gary Suter en 1985-1986. Et la saison de Hutson n’est même pas terminée.
En tant que défenseur, Hutson trône au sommet du classement des pointeurs chez les recrues et il joue en moyenne plus de 22 minutes au sein d’un club qui se bat pour les séries.
Les Sharks, eux, sont déjà mathématiquement éliminés de la course. Celebrini flirte avec le point par match avec ses 21 buts et 29 aides en 56 rencontres, mais sa production n’a pas le même poids que celle de Hutson quand on la compare historiquement aux recrues qui ont évolué à sa position.
Si la tendance se maintient, Celebrini finira la saison avec 63 points, un total qui le classerait au huitième rang des attaquants de première année de la dernière décennie (2015-2016 à 2024-2025). Bien qu’excellent et voué à un brillant avenir (peut-être même plus brillant que celui du 48), Celebrini ne se distingue pas autant de ses pairs que Hutson.
Pénalise-t-on Hutson pour ses carences défensives? On a déjà prouvé que le différentiel de Hutson tel qu’il est calculé par la LNH est de la bouillie pour les chats, mais si vous voulez l’utiliser contre lui, vous devez également prendre en considération la fiche de -27 de Celebrini.
Pas seulement les parieurs
Demandez à The Athletic qui remportera le Calder et vous obtiendrez sensiblement la même réponse que celles données par les plateformes de paris sportifs.
Au mois de mars, les panélistes de ce média ont voté dans une proportion de 51,7% en faveur de Celebrini. Ils étaient plus favorables à la candidature du gardien des Flames de Calgary Dustin Wolf (27,6%) qu’à celle de Hutson (17,2%).
La réputation du joueur joue manifestement un grand rôle. Celebrini a amorcé l’année comme favori en tant que premier de classe du dernier repêchage, et ce trophée, il pouvait seulement le perdre s’il jouait en deçà des attentes.
Si les performances historiques de Hutson pour une recrue jouant à la position de défenseur ne suffisent pas pour remporter le trophée Calder dans un marché comme Montréal qui mousse pourtant très bien les candidatures de ses joueurs, les partisans du CH vont finir par se demander: «Qu’est-ce que ça prendra?»
Sans doute Ivan Demidov.