Une série d’erreurs a fait tomber Maurice «Mom» Boucher, explique l’auteur Luc Dionne, qui raconte la fin du règne du chef des Hells Angels dans «L'Appel»
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Guillaume Picard
L’auteur Luc Dionne a lu les milliers de pages tirées des procès du chef des Hells Angels Maurice «Mom» Boucher, en plus de visionner de longs interrogatoires ayant conduit à sa longue chute, à partir de la fin des années 1990, après qu’il a commandé le meurtre des gardiens de prison Diane Lavigne et Pierre Rondeau.
Il connaît bien l’histoire et certains de ses acteurs principaux, comme l’ancien policier Guy Ouellette et la juge France Charbonneau, qui étaient respectivement, à l’époque de la guerre des motards, enquêteur et conseillère juridique au sein de l’escouade Carcajou.

«Je l'ai vécue en même temps qu'eux autres. Ouellette était chez moi deux, trois fois par semaine», a dit Luc Dionne, en soulignant que le gouvernement a pris le taureau par les cornes dans les années 1990 en s'attaquant au crime organisé.

«Ce qui a changé dans la société à cette époque-là, c’est qu’il y a eu une volonté politique de régler le problème. Et ça, c’est bien important, car Carcajou, c’est d’abord et avant tout un geste politique d’avoir réuni la police de Montréal, la Sûreté du Québec, la GRC – les bleus, les verts et les rouges –, pour faire une escouade où tout le monde a collaboré ensemble», a-t-il ajouté.
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Dionne voulait raconter le plus fidèlement possible le travail de France Charbonneau au sein de cette unité d'élite. Il l'a donc placée au cœur de sa minisérie L'Appel, dont les deux premiers épisodes, sur un total de six, seront disponibles sur illico+ à compter de jeudi. Ça prenait une femme pour faire condamner le criminel le plus connu du Québec. La comédienne Magalie Lépine-Blondeau la défend à l'écran avec l'agilité qu'on lui connaît.
Très rythmées et enlevantes, les deux premières heures montrent qu'en regroupant les forces vives de la Sûreté du Québec, du Service de police de la Ville de Montréal et de la GRC, les autorités sont parvenues à mettre «Mom» Boucher hors d’état de nuire. Mais ça s'est fait par étape, sur une longue période couvertée jusqu'à la fin de la minisérie.
C'est Vincent Graton qui incarne Mom Boucher dans la série réalisée par Julie Perreault et produite par Aetios. Il ressemble beaucoup au personnage bien connu par les Québécois.
Dans les années 1990, les motards semaient la terreur partout où ils affichaient leurs couleurs. C’est France Charbonneau, qu'on connaîtra plus tard comme juge et présidente de la Commission d'enquête sur l'industrie de la construction, qui l’a rappelé en marge du visionnement de presse, lundi.

En faisant abattre deux gardiens de prison, les motards ont franchi une ligne rouge et, une arrestation menant à une autre, les policiers sont parvenus à faire tomber «Mom» Boucher. Ils se sont aussi attaqués au journaliste judiciaire du Journal Michel Auger et Mom Boucher avait une longue liste de personnalités dans sa mire, comme si plus rien ne semblait vouloir l'arrêter.
Le titre de cette production bourrée d’action et portée par des comédiens de talent, tous très bons – Pier-Luc Funk et Patrice Robitaille complètent le trio central – fait référence au deuxième procès de «Mom» Boucher, mais aussi au coup de téléphone manqué par les avocats d’un petit trafiquant devenu tueur, Stéphane «Godasse» Gagné. Sachant ses jours comptés, Godasse s’est mis à table, provoquant en cascade l’arrestation de «Mom» Boucher.
Toute cette histoire aurait pu être racontée autrement si la tentative de meurtre préalable contre un autre trafiquant n'avait pas échoué et mené les autorités à Godasse, ne lui laissant pas d'autres options que de retourner sa veste.

Une suite d’erreurs coûteuses
Selon Luc Dionne, à qui l’on doit des séries policières fortes comme Omertà et District 31, c’est dans les faits «une suite d’erreurs qui a mené à l’arrestation de tout le monde».
«Il faut bien comprendre que le meurtre de Mme Lavigne, c’est au mois de juin 1997, et, au mois de décembre 1997, on avait déjà arrêté le principal suspect. C’est pas long, c’est six mois», a-t-il poursuivi, parlant des tueurs ayant raté Bellemare comme des «amateurs».

«Mom» Boucher s'est imposé
Luc Dionne n’a jamais souhaité écrire une série ou un film sur l’ancien chef des Hells Angels.
«On me l’a demandé je ne sais pas combien de fois et j’ai toujours dit non. La seule chose qui était possible, pour moi, c’était avec l’angle de France Charbonneau», a-t-il révélé à propos des balbutiements du projet, qui s’est rapidement orienté autour de la talentueuse procureure ayant souvent plaidé devant jury. Au départ, «Mom» Boucher devait seulement être présent à l’écran sans beaucoup de dialogues, mais la production s’est heureusement ravisée pour donner plus de temps de glace à Vincent Graton. Car on veut le voir, son «Mom» Boucher.

L’auteur, les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau ainsi que Québecor Contenu, avaient ainsi trouvé leur héroïne, France Charbonneau, qui prendra plus de place à compter du troisième épisode.
- La minisérie L'Appel sera disponible à coups de deux nouveaux épisodes chaque jeudi, à compter du 23 janvier, sur illico+.
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