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L'article provient de Le Journal de Montréal
Culture

L'auteur Maxime Caron dévoile les coulisses de la comédie en milieu funéraire «Passez au salon»

TVA
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Photo portrait de Emmanuelle Plante

Emmanuelle Plante

25 janvier à 11h
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Maxime Caron a fait de la comédie sa spécialité. Il a écrit pour Les Parent, Une grenade avec ça, Ces gars-là, Les Mecs et pour le talk-show Bonsoir Bonsoir aussi. Et il a huit Bye Bye à son actif.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

C’est à lui qu’on a donné la mission de nous introduire dans un salon funéraire d’un petit village où la famille Ostiguy a ses aises. Un milieu qui aurait pu être rébarbatif, mais qui, au contraire, l’a complètement séduit. Bienvenue à Passez au salon.

L’idée de la série est venue à Jean-Michel Anctil et Louis-Philippe Dandenault alors qu’ils étaient aux funérailles d’un ami. Comment se développe un flash pour en faire une série?

Ce n’est pas toujours facile de partir de l’idée que d’autres ont eue, mais dans ce cas-ci, on a deux têtes sympathiques, un lieu et un sujet, la mort, universel. C’est là que le travail d’auteur commence. Il faut créer la personnalité de ces deux frères, de leur famille, de quelques personnages secondaires. J’aimais la notion de compétition et de jalousie entre les deux frères. Ce n’est pas vrai que tout le monde est égal. J’ai fait quelques brainstorms avec Jean-Michel et Louis-Philippe. C’est deux ans de travail.

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Est-ce plus facile d’écrire quand on connaît les acteurs qui incarnent les personnages?

C’est super inspirant. C’est comme jouer d’un instrument. Ça permet que les personnages soient assez proches d’eux sans être eux-mêmes. Ça change tout quand tu connais leurs voix, leurs visages, leurs faciès, leurs parlers. Je passe mes journées avec les deux gars dans ma tête sans qu’ils le sachent.

fourie par Éva-Maude TC
fourie par Éva-Maude TC

Tu n’as pas eu peur de camper l’histoire dans le milieu funéraire? Ça peut être sensible voire tabou.

En comédie, quand un lieu doit être sérieux, c’est un bel encrage pour faire rire. C’est un milieu ancré dans beaucoup de traditions. Même si ce n’est plus nécessaire en 2025, il y a plus de religion dans le funéraire que dans notre société. Il y a tout un décorum. Il faut que ce soit un peu suranné, dépassé, un peu figé dans le temps. On se reconnaît dans ça. Dans la vie, on veut tous être différents, mais on sous-traite notre deuil, la gestion de notre mort se ressemble. Passez au salon est avant tout une série sur la famille. Les frères et leur mère travaillent ensemble. Ils sont exposés à de grandes émotions, mais c’est leur quotidien. Sans être des vendeurs de chars, c’est leur business. La mort est présente, mais seulement selon les enjeux qui vont toucher la famille de Daniel et Luc.

Il y a des dialogues savoureux sur l’embaumement entre Daniel (Jean-Michel) et Camille (Emi Chicoine). Tu as dû faire une bonne recherche pour en connaître tous les termes.

Pour certaines répliques, je fais appel à un thanatologue dont Jean-Michel m’a refilé le numéro. Ce sont des premiers de classes, des surdoués de la dépouille, ils doivent dire les choses parfaitement. Mais il faut que ça soit digeste puis j’ajoute une couche de comique. C’est important de créer de l’attachement envers les personnages aussi.

Parle-moi de la distribution. Chantal Baril est formidable.

C’est Jean-Carl [Boucher, le réalisateur] qui a eu le flash pour Chantal. Son delivery est snapy. Elle a le sens du punch. On a une matriarche dont le fils préféré, Luc, est toujours dans l’embarras. Et elle le cache mal. C’est aussi Jean-Carl qui a eu l’idée de Roger Léger qui amène un regard floridien. On est dans un petit patelin où tout le monde se connaît. Ça permet de revoir les mêmes têtes de figurants. La déconfiture de Luc, fils prodigue qui revient en ville, est d’autant plus intense parce qu’elle se fait devant des gens qui l’adulent. Ce salon, ils y ont grandi.

Éva-Maude TC
Éva-Maude TC


Passez au salon

Mercredi 21h à TVA

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