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L'article provient de TVA Nouvelles
Monde

Guerre commerciale: les investisseurs fuient les actifs risqués face aux droits de douane

AFP
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4 mars à 12h48
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Les marchés mondiaux sont emportés mardi dans un tourbillon d'aversion au risque, faisant face à l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane aux États-Unis à l'encontre du Canada, du Mexique et de la Chine.

En Europe, le Dax de Francfort a plongé de 3,54%, enregistrant sa pire séance depuis mars 2022, le CAC 40 à Paris a perdu 1,85%, Londres 1,27% et Milan a chuté de 3,41%.

Vers 16H50 GMT, à Wall Street, le Dow Jones perdait 1,65%, l'indice Nasdaq 1,11% et l'indice élargi S&P 500 1,51%.

La guerre commerciale lancée par Donald Trump est entrée mardi dans une nouvelle dimension, Pékin, Ottawa et Mexico ayant enclenché des représailles aux droits de douane punitifs mis en place par Washington.

Les importations en provenance du Canada et du Mexique sont désormais taxées à hauteur de 25%, et 10% pour les hydrocarbures canadiens. Les produits chinois sont quant à eux frappés par des tarifs douaniers additionnels de 20%.

«L'incertitude liée à la politique commerciale américaine a atteint de nouveaux sommets», commentent les analystes de Société Générale.

Ce niveau de taxation sur les importations américaines est «le plus élevé depuis la fin des années 1940» et met «un coup d'arrêt brutal à la mondialisation entamée dans l'après-guerre», relève Paul Ashworth, analyste de Capital Economics.

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«La question pour les investisseurs est de savoir qui pourrait être la prochaine cible», note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. «De toute évidence, l'UE est un candidat de choix.»

Aux yeux des marchés, cela augmente aussi «le risque de voir Donald Trump concrétiser sa menace d'imposer des droits de douane réciproques», selon lui, contre l'ensemble des partenaires commerciaux des États-Unis, relève Lloyd Chan, analyste de la banque MUFG.

Car jusque-là, «de nombreuses politiques de l'administration Trump pouvaient être rationalisées en invoquant une +tactique de négociation+», souligne George Saravelos, de la Deutsche Bank, avec l'espoir que les menaces ne soient pas mises à exécution.

Sur le marché des changes, le dollar recule, le marché craignant les effets de la guerre commerciale sur l'économie américaine. Vers 16H50 GMT, le billet vert cédait 0,44% face à la monnaie unique européenne, à 1,0534 dollar pour un euro.

Car «les mesures de rétorsion auront aussi des conséquences pour le consommateur américain», note Yann Azuelos, gérant de portefeuille chez Mirabaud interrogé par l'AFP. «Ce ne sont pas que les Européens qui vont souffrir de ces droits de douane».

Pétrole et bitcoin emportés

Les investisseurs «sont profondément mal à l'aise avec le nouvel ordre mondial du président Trump», constate Kathleen Brooks, analyste de XTB, fuyant les actifs à risque en général. Le pétrole et le bitcoin s'inscrivent ainsi en baisse.

Le bitcoin, actif particulièrement volatil, dévissait de 13,52% à 82.024 dollars vers 16H50 GMT.

Sur les marchés pétroliers, le Brent de la mer du Nord lâchait 1,82% à 70,30 dollars, peu après avoir glissé sous le seuil des 70 dollars et même atteint un plus bas depuis septembre, et son équivalent américain, le WTI, perdait 1,40% à 67,41 dollars.

Cap sur les valeurs refuges

Sur le marché obligataire, une détente des taux américains s'opère, les investisseurs se détournant des actions pour les obligations perçues comme plus sûres.

Depuis le début de l'année, «les Bourses se sont bien comportées», relève Yann Azuelos. Face à la tempère douanière, les investisseurs en «sortent et achètent de la sécurité avec le 10 ans américain».

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans évoluait ainsi à 4,14% vers 16H50 GMT, contre 4,16% en clôture lundi. Plus une obligation est recherchée par les investisseurs, plus son taux va baisser.

Cette dynamique profite aussi à l'or, valeur refuge par excellence, qui évoluait en légère hausse, à 2.909 dollars l'once.

L'automobile cale

Les constructeurs automobiles européens, pour lesquels les États-Unis sont un marché important, souffrent de la politique protectionniste de Donald Trump.

À Paris, Stellantis a plongé de 10,76%, Renault de 4,61%. En Allemagne, BMW a perdu 5,89%, Mercedes 4,81% et Volkswagen de 4,13%.

Les équipementiers automobiles français Valeo (-10,76%), Forvia (-12,39%), et OPMobility (-8,91%) ont aussi dévissé. L'allemand Continental a chuté de 11,64%.

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