«Sexe inc.»: «C’était très clair qu’on n’allait pas montrer d’organes génitaux, mais qu’on verrait des actes sexuels» - le réalisateur Jean-François Poisson
Guillaume Picard
Parce que tout le monde (ou presque) consomme de la porno, le réalisateur Jean-François Poisson propose une incursion dans cette très profitable industrie au Québec avec sa série documentaire Sexe inc.
«Le sexe, ça touche tout le monde. Si ça ne touche pas certaines personnes, je suis bien triste pour elles», a-t-il dit avec le sourire, en entrevue.
«Sexe inc., c'est une incursion dans un milieu pour essayer de normaliser quelque chose qui devrait l'être. De rentrer dans des endroits où l’on ne rentre pas d'habitude pour essayer de bien comprendre ce qu'on y trouve», a-t-il poursuivi au sujet des quatre épisodes qui seront disponibles dès jeudi sur illico+.

Dès les premières minutes, on se retrouve en plein tournage d’une scène érotique avec Mimi Malibu, une créatrice de contenu qui exploite une page OnlyFans. Elle se prépare à mettre en boîte une scène avec un acteur XXX venu de France, Axel Reed, tout en faisant connaissance avec lui. Elle prend même la peine de lui préciser que tout est permis, sauf la pénétration anale.
Cette ancienne esthéticienne voulait plus de temps pour elle et cherchait à «s’enfuir du 9 à 5, cinq fois par semaine», dit-elle à la caméra.
La série documentaire, qui brosse un portrait de l’industrie en remontant jusqu’à la sortie des premiers films avec de la nudité — Danielle Ouimet témoigne de son expérience sur le plateau de Valérie —, montre des seins et des scènes suggestives, mais jamais de vulve ou de pénis.

«Pour moi, c’était très clair qu’on n’allait pas montrer d’organes génitaux, mais qu’on verrait des actes sexuels quand ça servirait le propos. Je voulais faire un show de sexe avec du sexe, mais ce qui m’intéressait le plus, c’était entre les prises, c’étaient les coulisses, les témoignages», a dit Jean-François Poisson.
«On voulait montrer la réalité, on voulait nuancer aussi. On ne voulait pas “glamouriser” le milieu du sexe, on souhaitait le normaliser. Parce que ça existe, que c’est consommé, qu’il y a des gens qui travaillent là-dedans. On sait très bien qu’il y a des dérives, alors on ne voulait pas rendre ça plus beau que c’est. Je me suis lancé dans le projet avec la plus grande ouverture d’esprit, mais j’ai tout de même été confronté à certaines choses. En parlant aux gens, j’ai compris. C’est correct qu’il y ait des fantasmes pour tout le monde, mais c’est sûr que parfois c’est plus confrontant.»

Une dominatrice qui a de l’éthique
On se rend même dans le donjon d’une dominatrice, Maitresse Cindy, qui nous montre tous les accessoires — ils sont nombreux, dont des sondes uretères! — avec lesquels elle soumet ses clients. Certains aiment aller jusqu’à la «torture des testicules».
Cette femme qui a l’air douce et ne se dénude jamais dit «aimer découvrir ce que les soumis veulent», mais elle ne fait jamais mal pour faire mal. Elle a même son code de couleur et d'éthique. Si un client lui dit «rouge», elle arrête sur-le-champ.
D’ailleurs, un de ses clients est assez brave pour parler à la caméra à visage découvert. Soumis Bob, comme on l’appelle dans Sexe inc., s’adonne au BDSM pour relâcher la pression.
«Quand on vient ici, c’est une libération, on est à la merci, on ne peut pas bouger, on ne peut pas dire quoi que ce soit, on se laisse aller, et quand on sort d’ici, c’est comme une thérapie», dit-il dans le deuxième épisode.
La troisième heure est consacrée à la sexualité LGBTQ+ et la quatrième parle notamment des salons de massage, des escortes, ainsi que des danseuses et des danseurs nus.
Après Sexe inc., Jean-François Poisson s’est lancé dans un projet de documentaire produit par Attraction et destiné à Netflix, lequel traitera du départ des Expos de Montréal, en septembre 2004.
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