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L'article provient de Le Journal de Montréal
Société

Le diplôme avant la médaille: contrer le décrochage scolaire par le volleyball

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Photo portrait de Nicolas St-Pierre

Nicolas St-Pierre

29 mars à 18h45
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Plus de 200 jeunes de Québec vulnérables au décrochage ont pu vivre une expérience unique et motivante samedi après-midi, au PEPS de l’Université Laval, en côtoyant des étudiants-athlètes de haut niveau à l’occasion d’un match de volleyball.

L’événement orchestré par l’organisme Le Diplôme avant la Médaille (DAM) en collaboration avec le Rouge et Or Volleyball se voulait également une occasion de «valoriser le vivre-ensemble et faire tomber les préjugés de part et d’autre».

«Le but, c’est vraiment de leur présenter des modèles positifs qui ont réussi à performer tant à l’école que dans le sport afin qu’ils puissent eux-mêmes se projeter et comprendre que l’école est liée au sport, même dans les plus hauts niveaux», explique Béatrice Turcotte Ouellet, fondatrice et directrice générale de DAM.

Béatrice Turcotte Ouellet, fondatrice et directrice générale de DAM.
Béatrice Turcotte Ouellet, fondatrice et directrice générale de DAM. Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Rappelons que l’organisme, partenaire de cinq écoles secondaires de la grande région de Québec, se greffe aux différentes équipes sportives afin de favoriser les efforts scolaires en utilisant le sport comme levier d’intervention.

«Imaginons qu’un jeune a deux échecs, il va devoir, deux fois par semaine, aller chercher de l’aide aux devoirs. S’il le fait, il est éligible pour son match, sinon, il ne l’est pas», a-t-elle ajouté en marge de l’événement, où des étudiants en technique policière du Campus Notre-Dame-de-Foy étaient également présents.

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Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Différents besoins

Bien que 250 tuteurs bénévoles aient été formés pour venir en aide aux jeunes dans certaines matières, celle qui a fondé DAM en 2012 estime que les besoins, qui ne se résument pas qu’aux résultats scolaires, se sont considérablement accrus dans les dernières années, notamment en raison de la pandémie et de la grève des enseignants.

«Maintenant on a des coordonnateurs dans les écoles qui vont faire des rencontres individuelles avec les jeunes selon leurs besoins, tant au niveau scolaire qu’au niveau socioaffectif parce que ça a beaucoup augmenté, au niveau de l’anxiété, des troubles alimentaires, de l’intimidation, des difficultés familiales et j’en passe.»

«On reçoit des confidences des jeunes et ensuite on va aller collaborer avec les membres de l’équipe-école pour intervenir de manière concertée auprès des jeunes, également avec les parents. [...] On a environ 85% des jeunes qui nous disent que DAM les aide à prendre confiance en eux et à mieux gérer leur stress», ajoute-t-elle.

Une vraie différence

Maintenant étudiante au cégep en physiothérapie, Jelisha Rai a pu bénéficier du soutien de DAM lors de son passage à l’école secondaire Vanier. Amplement consciente de l’impact positif qu’ont eu l’organisme et l’établissement sur son cheminement, elle est maintenant de retour comme entraîneuse de volleyball afin de donner au suivant.

Jelisha Rai, maintenant étudiante au cégep en physiothérapie et entraîneuse de volleyball.
Jelisha Rai, maintenant étudiante au cégep en physiothérapie et entraîneuse de volleyball. Photo DIDIER DEBUSSCHERE

«Ce que j’ai remarqué, c’est que souvent les jeunes ont tendance à se renfermer sur eux, peut-être pour certains par gêne ou par nonchalance, mais c’est là que DAM vient faire une différence donnant la petite tape dans le dos manquante», avoue la jeune de 19 ans qui a bénéficié d’aide en français pendant son parcours.

Au total, ce sont 2200 élèves comme Jelisha qui ont pu être soutenus par l’organisme depuis 2012. L’an dernier seulement, 97% des jeunes soutenus pendant plus d’un an par DAM ont été en mesure d’obtenir leur diplôme d’études secondaires.

Fière des résultats, Béatrice Turcotte souligne d’ailleurs que tout a été mis en œuvre afin que l’organisme soit en mesure de se déployer dans de nouvelles écoles à compter de la prochaine rentrée, en fonction de la demande.

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