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L'article provient de Le Journal de Montréal
Santé

Radiée pour s’être fait remplacer par une fausse infirmière

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Agence QMI

24 mars à 13h36
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Une infirmière de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a été radiée pour une période de trois mois pour avoir demandé à une personne non qualifiée de la remplacer lors de certains de ses quarts de travail.

Entre juillet 2022 et février 2023, Linda Ymele Nandong, membre de l’OIIQ depuis mai 2022, a été appelée à travailler à différents sites d’hébergement temporaire pour demandeurs d’asile auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Ces demandeurs d’asile devaient être «évalués par une infirmière dès leur arrivée», notamment afin de déceler des signes de symptômes d’infection, peut-on lire dans une décision rendue par le conseil de discipline de l’OIIQ en février dernier, précisant que «la présence d’une infirmière est donc requise en permanence sur les sites d’hébergement».

Mme Ymele Nandong y effectuait plusieurs quarts de travail, de nuit, entre 19h30 et 7h30.

Entre les mois de décembre 2022 et février 2023, pour «éviter d’arriver en retard», l’infirmière a demandé à une certaine «madame C», qui ne fait pas partie de l’Ordre, de la remplacer pour des périodes allant de quelques minutes à quelques heures et même parfois «pour l’entièreté d’un quart de travail, se faisant passer pour elle».

«[Linda Ymele Nandong] est originaire du Cameroun et elle apporte un soutien financier aux membres de sa famille. C’est la raison pour laquelle elle demande à madame C de la remplacer, et ce, afin d’éviter de perdre ses quarts de travail auprès de l’agence, advenant un retard de sa part dû au chevauchement ou aux quarts de travail rapprochés de différents emplois qu’elle occupe», peut-on également lire dans le document.

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Le stratagème commence toutefois à s’effriter le 15 février 2023, lorsqu’une personne qui connaît les deux femmes les dénonce à l’agence de placement de personnel. Quelques jours plus tard, un membre du personnel ne reconnaît pas l’infirmière, «bien que son nom apparaisse sur la feuille de présence» et il en avise également l’agence.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Lecture refusée
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Le 20 février, une superviseure de l’agence se présente lors du quart de travail de Mme Ymele Nandong et constate que «ce n’est pas cette dernière» et que la personne présente n’est pas en mesure de présenter une pièce d’identité.

L’agence finira par informer l’OIIQ de la supercherie, avant qu’une plainte ne soit déposée.

Des «regrets et remords»

D’emblée, l’intimée a enregistré un plaidoyer de culpabilité et a fait part «de regrets et de remords», a indiqué le conseil de l’OIIQ, qui explique que la sanction prononcée a fait l’objet d’une «recommandation conjointe» de l’Ordre et de l’avocat de l’infirmière.

Le conseil a déploré le «manque d’intégrité et d’honnêteté» de la part de l’infirmière, qui contrevient «aux valeurs fondamentales de la profession», et a mis en évidence le fait que la fausse infirmière a eu accès «à des renseignements confidentiels».

Les deux parties ont tout de même reconnu «l’absence de preuve [...] de conséquences néfastes à l’égard de clients ou du public».

Le conseil a ainsi imposé à Mme Ymele Nandong une radiation de trois mois et il la condamne au paiement des déboursés liés à cette affaire dans un délai de 12 mois.

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