Prochain contrat de Lane Hutson: le CH ne peut pas se tromper

Jean-Charles Lajoie
Mon camarade Nicolas Cloutier a publié un texte très intéressant la semaine dernière au sujet de Lane Hutson.
Le défenseur recrue du Canadien a une autre saison à écouler à son contrat d’entrée dans la ligue nationale mais il sera admissible à ratifier une nouvelle entente dès le 1er juillet, contrat qui entrerait en vigueur au départ de la campagne 2026-2027.
En somme, Nicolas avance que le clan Hutson aurait tout intérêt à rechercher une entente pont de quatre ans afin de pouvoir faire exploser la banque en première instance, et le refaire avec un contrat mirobolant à compter de la saison 2030-2031 et alors qu’Hutson n’aura que... 26 ans.
Il y a cependant quelques nuances à apporter à mon avis. Il me semble un peu hasardeux de convenir que Jeff Gorton et Kent Hughes accepteraient de ne retenir Hutson que pour quatre saisons, l’exposant au marché des joueurs autonomes à la fin de cette entente proposée dans ce scénario.
Je comprends toutefois que le tandem d’architectes du Canadien n’a aucune raison de craindre que les relations avec la jeune sensation s’enveniment. Ainsi, s’ils y mettent le prix, il y a fort à parier qu’Hutson ne s’approchera jamais de devenir libre comme l’air un 1er juillet. Autant que je serais renversé que le CH se rende dans la zone d’ombre possible, soit celle des offres hostiles.
Hutson est un joyau rarissime et, lorsque tu as dans ton organisation un joueur aussi important, tu vas au-delà de la logique et tu retiens ses services en le surpayant s’il le faut.
La dernière chose que tu veux est de te retrouver frustré devant le départ d’une superstar et de te résoudre à déclarer aux médias que, dans ce business, si tu veux de la fidélité, tu es mieux de t’acheter un chien.
Revenons à la calculastresse: admettons que le Canadien accepte de s’entendre avec le clan Hutson sur un contrat pont de quatre ans le liant à l’équipe jusqu’en 2030 et ses 26 ans, on peut croire qu’en raison de l’augmentation du plafond salarial, cette entente ferait d’Hutson le joueur toutes positions confondues avec le salaire annuel le plus élevé de l’histoire de l’équipe. On peut croire qu’Hutson encaisserait 12 millions $ par saison, une somme qui serait certainement majorée à 15 millions $ par campagne pendant huit ans par la suite.
Bref, je suis très curieux de voir comment le clan Gorton et Hughes va s’y prendre pour orienter dans les meilleurs intérêts de l’équipe les négociations avec le clan Hutson.
Ce qu’accomplit ce garçon encore prépubère est tout simplement hors normes. Hutson est à cinq points des 64 de Chris Chelios qui détient le record chez les recrues en défense dans l’histoire du CH, une formalité avec encore neuf matchs à disputer.
Et encore, la production de Hutson surpasse déjà les meilleures saisons avec le CH d’Éric Desjardins, Patrice Brisebois, Jacques Laperrière, Émile «Butch» Bouchard et Doug Harvey. L’affaire, c’est que ces défenseurs ont tous établi leurs standards alors qu’ils avaient quelques saisons de millage dans le corps. Hutson est une pure recrue, je le rappelle.
Est-ce qu’Hutson peut croire surpasser la marque absolue de 85 points de Larry Robinson établie au cœur du «Big Three» en 1976-1977? Qui veut parier contre cette perspective?
Hutson est en avance sur la saison recrue de Quinn Hughes; rien ne me permet de douter qu’il pourra, comme Hughes et Cale Makar, amasser 92 ou 90 points comme ces deux superstars l’ont jusqu’ici fait, respectivement. Hutson est un joueur spécial, très spécial...mais pour Gorton et Hughes, il ne sera jamais en spécial!