Pourquoi parler de fraude? Parce qu’il y en a encore qui se font prendre

Maria Mourani
La période des impôts arrive avec son lot d’hameçonnages frauduleux. Textos, appels, courriels au nom de l’Agence du revenu du Canada ou de Revenu Québec. Les fraudeurs tenteront de prendre vos informations personnelles par différentes ruses : impôts non payés, dossiers incomplets, etc. Pourquoi en parler? Parce qu’il y en a encore qui se font prendre.
En décembre dernier, c’était le fameux 600 $ d’aide à l’inflation que les fraudeurs ont utilisé pour piéger les citoyens. Vous avez sûrement reçu un texto ou un courriel vous demandant de cliquer sur un lien afin de recevoir cette somme.
Hier encore, sur TikTok, j’ai vu la publicité frauduleuse au nom de Nathalie Simard vendant des produits soi-disant magiques pour maigrir. Et que dire de l’arnaque des grands-parents ! Elle existe depuis plusieurs années, mais demeure d’une grande efficacité. Elle a généré des pertes de 732 000 $ en 2022 et le Québec était au troisième rang des provinces les plus touchées.
Sextorsions, rançongiciels, propositions alléchantes d’affaires, faux sites d’Immigration Canada, faux héritages ou concours gagnés, histoires d’amour qui finissent en queue de poisson, etc. Il n’y a aucune limite à l’imagination et la créativité des fraudeurs.
- Écoutez Maria Mourani au micro de Benoit Dutrizac diffusé via QUB radio :
Le b.a.-ba de la prévention
Le principe premier à appliquer si on ne veut pas tomber dans les pattes de ces fraudeurs: NE JAMAIS DONNER SES INFORMATIONS PERSONNELLES. Les organisations qui possèdent vos informations ne vont certainement pas vous contacter pour vous les demander et même si cela est le cas, vous n’êtes pas obligé de répondre. Pour sécuriser vos transactions, il est préférable de les contacter, et non l’inverse.
Bien évidemment, ne cliquez jamais sur des liens même s’ils viennent de Dieu lui-même. Ne donnez pas accès à votre ordinateur ou à tout autre appareil à de faux techniciens, même s’ils vous disent qu’ils sont infectés par un virus. Faites d’abord des vérifications auprès de vos entreprises de service.
Et l’amour, parlons-en! Quand quelqu’un vous déclare sa flamme, disons un coup de foudre, et vous demande de l’argent en urgence pour toutes sortes de raisons, alors que vous ne l’avez jamais rencontré et qu’il vous incite à garder votre relation secrète... posez-vous au moins des questions.
La honte et le silence
En 2022, le Centre antifraude du Canada a reçu 90 137 signalements et répertorié 56 352 victimes. Les pertes financières seraient estimées à 530 millions de dollars.
Pourtant, ces chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg. Le Centre estime ne recevoir qu’un faible nombre de dénonciations comparativement à la criminalité réelle de fraude. Bien souvent, les victimes sont rongées par la honte. L’humiliation de s’être fait arnaquer. La peur d’être pris pour un idiot. Toujours ce préjugé que seuls les naïfs se font prendre, alors qu’on est tous à risque.
Dénoncer devient un dilemme. Or, les fraudeurs se perfectionnent et prospèrent grâce au silence des victimes, puisque la dénonciation permet de mieux suivre et de connaître leurs techniques.
Soit dit en passant, un signalement peut être anonyme.
Pour plus d’information : www.antifraudcentre-centreantifraude.ca