Publicité
L'article provient de Le Journal de Montréal
Monde

Plans de guerre américains partagés avec un journaliste: voici ce que l’on sait

Lecteur vidéo en cours de chargement.
Temps actuel 0:00
Durée 0:00
Chargé: 0%
Type de flux EN DIRECT
Temps restant 0:00
 
1x
    • Chapitres
    • descriptions désactivées, sélectionné
    • Sous-titres transcrits désactivés, sélectionné
        Partager

        AFP

        25 mars à 7h24
        25 mars à 9h44
        Partager

        Le gouvernement Trump doit répondre aux critiques parfois virulentes après la faille de sécurité qui a permis à un journaliste de lire des échanges entre hauts responsables américains sur la messagerie Signal et d’accéder à des informations sensibles. 

        • À lire aussi: Armes, cibles et horaires: un journaliste a reçu des informations militaires confidentielles par erreur, confirme la Maison-Blanche

        Voici les principaux points de cette affaire qui secoue Washington.

        Que s’est-il passé ?

        L’affaire a éclaté lundi avec la publication d’un long article du rédacteur en chef du magazine The Atlantic, Jeffrey Goldberg, dans lequel il raconte de manière détaillée comment il s’est retrouvé dans cette boucle sur Signal.

        Il affirme avoir reçu le 11 mars une demande de connexion Signal émanant d’un utilisateur nommé Mike Waltz, comme le conseiller à la sécurité de Donald Trump, qu’il avait déjà rencontré par le passé. Il l’accepte et se retrouve le 13 mars dans une boucle Signal intitulée «Houthi PC small group») (traduction: «PC restreint Houthi»), qui s’élargira progressivement à 18 participants, dont le vice-président JD Vance, le patron du Pentagone Pete Hegseth et le secrétaire d’État Marco Rubio.

        Jeffrey Goldberg dit être resté silencieux et s’être interrogé sur l’authenticité de cette conversation, n’excluant pas être la cible d’une tentative de manipulation.

        Publicité
        À quoi a eu accès le journaliste ?

        Le 14 mars, des messages dans la boucle indiquent que se préparent des frappes américaines contre les Houthis du Yémen, qui tentent d’entraver le commerce maritime en mer Rouge et ont déjà attaqué plusieurs fois des bâtiments militaires américains.

        Ces informations suscitent des échanges sur l’opportunité de mener ces opérations alors que ce sont les Européens qui sont les premiers affectés par les entraves à la libre circulation en mer Rouge. JD Vance en particulier émet des doutes.

        Samedi 15 mars, l’utilisateur Pete Hegseth transmet un message annonçant des frappes contre les Houthis dans les prochaines heures.

        • Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

        Lecture refusée
        Ce contenu n’est actuellement pas disponible dans votre pays.

        Jeffrey Goldberg ne dévoile pas le contenu du message qu’il dit avoir lu, expliquant qu’il contient des informations de nature à compromettre la sécurité opérationnelle comme celle des militaires ou agents américains, notamment au Moyen-Orient.

        Après les frappes, les différents utilisateurs se congratulent, utilisant notamment de nombreux émoticônes.

        Le journaliste dit avoir conclu après cette séquence que le groupe était authentique et affirme l’avoir quitté à ce moment-là, sans que cela ne provoque de réaction.

        Publicité

        La Maison-Blanche a cependant estimé mardi qu’aucune information confidentielle n’avait été dévoilée lors du partage par erreur d’un plan de frappes contre les Houthis du Yémen à un journaliste américain.

        Quelles réactions aux États-Unis ?

        Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale Brian Hugues a reconnu que la chaîne de messages dont fait état l’article semblait «authentique».

        «Je ne sais rien de tout cela», a affirmé de son côté Donald Trump.

        «Personne n’a envoyé de plans de guerre et c’est tout ce que j’ai à dire à ce sujet», a dit Pete Hegseth, minimisant l’affaire et critiquant Jeffrey Goldberg, «un soi-disant journaliste sournois et très discrédité qui a fait profession de colporter des canulars à maintes reprises».

        Certains parlementaires républicains n’ont pas caché leur embarras. «Quelqu’un a déconné», a résumé le Sénateur Tim Sheehy devant des journalistes.

        Le camp démocrate s’est lui indigné.

        «D’un point de vue de sécurité opérationnelle, c’est le plus grand foirage possible. Ces gens ne peuvent pas assurer la sécurité de l’Amérique», a critiqué Pete Buttigieg, personnalité en vue du parti démocrate.

        «C’est l’une des fuites de renseignement militaire les plus stupéfiantes que j’ai lues depuis très, très longtemps», a dénoncé le chef de la minorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, appelant à une «enquête complète».

        Que risquent les responsables ?

        «On m’a dit qu’une enquête était en cours pour déterminer» comment cela a pu arriver, «Je ne suis pas sûr que cela nécessite une attention particulière», a commenté le chef des républicains à la Chambre des représentants, Mike Johnson, d’après le New York Times.

        Interrogé par le magazine The Hill sur le fait de savoir s’il fallait sanctionner Mike Waltz, qui serait à l’origine de la fuite d’après The Atlantic, il a répondu «non, bien sûr que non».

        «C’est manifestement illégal», a dénoncé la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

        Une discussion sur cette affaire pourrait avoir lieu dès mercredi lors d’une réunion déjà planifiée de la commission sur le renseignement de la Chambre des représentants, selon Jim Himes, qui en est membre, cité par le magazine Foreign Policy.

        L’affaire rappelle aussi celle qui avait éclaboussé Hillary Clinton en 2015 et 2016. Elle avait été accusée, alors qu’elle était Secrétaire d’État, d’avoir utilisé un courriel personnel non sécurisé pour échanger des messages officiels.

        Donald Trump avait alors dénoncé «le plus grand scandale politique depuis le Watergate», qui a provoqué la démission du président Richard Nixon en 1974. Le FBI avait enquêté en 2016, juste avant l’élection présidentielle à laquelle elle était candidate, mais avait estimé qu’il n’y avait pas lieu à des poursuites.

        Publicité
        Publicité
        Image du contenu audio en cours
        En directQUB en rafale