Statuer d’abord sur le pont sur le Saguenay avant de se lancer dans la production de navires diesels-électriques rechargeables
La Société du pont sur le Saguenay estime qu’avec un pont, les deux traversiers de Tadoussac pourraient être transférés à Sorel-Tracy


Martin Lavoie
La Société du pont sur le Saguenay estime que le gouvernement devrait d’abord statuer sur le projet de pont à l’embouchure de la rivière avant d’entamer la construction de navires diesels-électriques rechargeables, puisque les deux traversiers de Tadoussac deviendraient ainsi disponibles.
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«Ça ne serait pas avisé de commencer la construction de ces navires comme s’il n’était pas possible de récupérer ceux de Tadoussac. Je pense que le pont va se faire, et à un prix plus bas. Il faudrait attendre d’avoir l’étude détaillée sur le pont. On prendra une décision en connaissance de cause avec les vrais coûts pour les traversiers et les vrais coûts pour le pont», a avancé Marc Gilbert, président de la Société du pont.
À ce sujet, M. Gilbert s’est dit rassuré par les propos du premier ministre lors d’une visite à Sept-Îles fin janvier.
«C’est encourageant. J’espère que le pont va être là dans le budget de mars et que l’on va poursuivre l’étude détaillée pour aller en soumission pour baisser les coûts, qui sont trop hauts pour l’instant», a souligné M. Gilbert.
Transfert
Selon l’hebdomadaire Le Manic, François Legault a alors réitéré l’importance du projet.
«On veut continuer à regarder les coûts. Il y a des chiffres qui sont très élevés, mais on pense que c’est possible de faire cela à un coût plus bas», avait déclaré le premier ministre.

Ce qui donne du poids à l’argument de Marc Gilbert, c’est que les deux navires en service à la traverse de Sorel-Tracy sont les anciens de Tadoussac, soit le NM Jos-Deschênes et le NM Armand-Imbeau. Ils ont été respectivement rebaptisés Alexandrina-Chalifoux et Didace-Guévremont.
Le navire de relève à Sorel-Tracy est le NM Catherine-Legardeur, qui subit actuellement d’importants travaux sur la transmission.
«Exotique»
Par ailleurs, Le Journal a fait appel à un expert du monde maritime, qui a requis l’anonymat, pour consulter des éléments d’appels d’offres. Si tout ce qu’il a vu lui semblait logique, il s’est quand même questionné sur l’imposition de la norme «Ice Class 1A Super».
«C’est la plus élevée de quatre catégories. Ça surpasse les cargos transatlantiques. Cela signifie que les navires peuvent circuler dans les glaces (jusqu’à un mètre d’épaisseur) sans l’assistance d’un brise-glace. La coque doit être plus épaisse, les hélices aussi et les moteurs plus puissants. Il aura une efficacité énergétique moindre. Ça peut sembler exotique pour le fleuve, mais avec ça, on ne peut pas se tromper», a-t-il analysé.

Anne-Josée Cameron, de la Société des traversiers du Québec, a souligné que plusieurs navires de la flotte répondent à la norme tout juste inférieure, la classe 1A.
L’expert a aussi souligné que bien des navires – les brise-glaces notamment – ont une motorisation hybride diesel-électrique, comme une locomotive.
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