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L'article provient de Le Journal de Montréal
Opinions

L’immigration dans la campagne

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
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Photo portrait de Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté

2 avril
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Le Canada anglais a découvert le problème de l’immigration massive tardivement, quand il a compris son impact sur le marché immobilier.

L’accès à la propriété devenait soudainement beaucoup plus compliqué pour les classes moyennes. Et pas seulement pour elles.

C’est probablement pour cela que le débat sur l’immigration, à l’ouest de la rivière des Outaouais, est fixé exclusivement sur cette question.

Les libéraux de Carney promettent ainsi d’ajuster les seuils d’immigration en fonction de la capacité de construction de nouveaux logements. Les conservateurs disent à peu près la même chose, même s’ils ne partagent pas l’enthousiasme migratoire du PLC.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Canada

Peut-être est-ce parce que le Canada anglais n’a pas vraiment de culture ni d’identité propres qu’il ne pose pas la question de leur intégration culturelle.

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Parmi les partis pancanadiens, seul le Parti populaire de Maxime Bernier s’oppose à l’immigration massive, mais les élites canadiennes ont décrété qu’il ne s’agissait pas d’un parti sérieux (à la différence du PLC qui nous a endettés, ruinés et soumis à la noyade migratoire, ce qui en fait probablement un parti sérieux, si je comprends bien le raisonnement officiel canadien. On me pardonnera cette parenthèse, mais je commence à me demander pourquoi on devrait reconnaître une grande compétence aux ruineurs professionnels).

Évidemment, le Québec voit les choses autrement.

Par notre histoire, nous savons l’immigration massive contraire à nos intérêts vitaux.

D’abord pour des questions identitaires élémentaires. Nos capacités d’intégration linguistique et culturelle sont évidemment limitées. L’immigration nous anglicise. Si nous sommes de moins en moins chez nous à Montréal, et à Laval, depuis 25 ans, c’est que les nouveaux venus s’intègrent davantage à l’identité canadienne dans sa matrice multiculturaliste qu’à l’identité québécoise, de plus en plus traitée comme un résidu folklorique.

Ensuite pour des raisons politiques: nous avons compris depuis longtemps que le régime canadien mise sur l’immigration massive pour verrouiller démographiquement l’avenir politique du Québec.

Il sait que les Québécois francophones laissés à eux-mêmes décideront un jour l’indépendance. Il faut donc diminuer sans cesse leur poids au Québec. Il a réussi son coup en 1995, d’ailleurs.

Ces dernières années, on a aussi constaté que l’État-providence ne supporta pas ces flux migratoires. L’école comme l’hôpital paient le prix du choc migratoire.

Faut-il vraiment ajouter qu’il y a un choc culturel permanent?

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Québec

Je nuance mon propos. Le peuple québécois sait que rien ne va, mais les partis qui prétendent le représenter le savent moins.

Dans le cadre de cette campagne, le Bloc devrait faire campagne sur l’immigration. Il semble se l’interdire. Étrange pudeur idéologique. Plus largement, le PQ est ferme, ce qui est très bien, et la CAQ fait semblant de l’être, pour mieux appliquer une politique contraire.

Quant aux libéraux, ils veulent ouvrir les vannes. Mais les libéraux sont à Ottawa comme à Québec: des fédéralistes mondialistes hostiles au Québec.

Ça ne changera pas.

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