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L'article provient de Le Journal de Montréal
Monde

Le patron de Boeing reconnaît de «graves faux pas» ces dernières années

Getty Images via AFP
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AFP

2 avril à 14h32
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Le patron de Boeing a reconnu mercredi lors d’une audition devant une commission du Sénat américain que l’avionneur avait commis de «graves faux pas» ces dernières années, et a réitéré son engagement à rétablir «la confiance en Boeing». 

• À lire aussi: Boeing cherche à annuler son plaidoyer de culpabilité lié aux écrasements d'avion de 2018 et 2019

À la veille de cette audition devant la commission sénatoriale du Commerce et des Transports, Kelly Ortberg avait adressé un message aux 160 000 employés du groupe en y joignant la déclaration qu’il comptait faire en préambule de son témoignage. Les deux textes ont été rendus publics par le groupe mardi soir.

«Boeing a effectué de graves faux pas ces dernières années — et c’est inacceptable», a déclaré M. Ortberg, qui a pris la direction de l’avionneur en août.

«En conséquence, nous avons mené de vastes changements au niveau des équipes, des processus et de la structure d’ensemble du groupe», a-t-il ajouté.

Devant les sénateurs, il a mentionné des «changements drastiques» grâce aux six indicateurs de surveillance mis en place en 2024 — que le régulateur de l’aviation FAA peut consulter à distance n’importe quand.

Selon lui, cela a permis de réduire de moitié les travaux en retard tandis que les contrôles ajoutés à l’usine de Spirit Aerosystems — qui fabrique notamment les fuselages du 737 MAX — ont réduit les défauts de fabrication de 56 %.

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«Bien qu’il y ait toujours du travail à accomplir, ces changements en profondeur sont étayés par l’immense engagement de nous tous envers la sécurité de nos produits et de nos services», a expliqué Kelly Ortberg.

Dans son message adressé aux employés, il assure que le groupe «commence à voir le bout du tunnel», mais «transformer notre entreprise nécessite du temps et des actions».

Faisant référence aux deux accidents de 737 MAX 8 en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont fait 346 morts au total, il a présenté ses condoléances aux proches de victimes — dont certains se trouvaient dans la salle — et a fait «le serment de procéder à tous les changements nécessaires pour que cela ne se reproduise jamais».

Erreur de conception

Boeing a reconnu que la conception du logiciel antidécrochage MCAS avait contribué à ces accidents, survenus sur des avions neufs, peu après leur décollage.

Les changements promis doivent permettre de «rétablir la confiance et de refaire de Boeing l’entreprise américaine emblématique qu’elle était autrefois», a ajouté M. Ortberg, soulignant que le groupe né en 1916 à Seattle (nord-ouest) soutenait 1,8 million d’emplois aux États-Unis et contribuait à hauteur de 84 milliards de dollars chaque année à l’économie du pays.

Le groupe est le plus gros exportateur du pays, a-t-il insisté, quelques heures avant l’annonce prévue de droits de douane par Donald Trump sur les importations aux États-Unis.

Boeing souffre depuis plusieurs années de problèmes de qualité de production, dont le dernier exemple marquant est un incident en vol en janvier 2024 sur un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines, qui a fait quelques blessés légers.

Pour y remédier, l’avionneur a mis en œuvre un système de gestion de la sécurité (SMS) décrit par M. Ortberg comme un «cadre bâti à partir des meilleures pratiques de l’industrie aérienne, pour identifier proactivement et gérer les risques en termes de sécurité».

Selon lui, quatre axes sont prioritaires : réduction des défauts, montée en puissance de la formation des employés, simplification des processus et des procédures et renforcement de la culture de sûreté et de sécurité. Des améliorations menées en partie grâce aux employés, qui ont soumis plus de 26 000 suggestions.

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