Le stress n'est pas votre «ennemi»: voici quelques conseils pour le gérer
Agence QMI
Si de nombreuses personnes grandissent avec une peur exagérée du stress et de l’anxiété en croyant qu’ils sont des états «dangereux» ou «toxiques», c’est plutôt une arme utilisée par notre corps pour combattre les menaces et nous aider à survivre.
Pour la neuroscientifique et spécialiste du stress humain, Sonia Lupien, personne ne devrait chercher à éviter le stress puisqu’il est une réponse «naturelle» et «essentielle» à la survie de l’être humain, insiste-t-elle au micro d’Isabelle Maréchal sur les ondes de QUB radio et télé, lundi.
En effet, elle estime que le stress est devenu une «mode» pour expliquer l’état dans lequel on est. «Les gens ont des préconceptions négatives de stress. On pense que le stress est négatif, toxique et que ça va nous tuer», souligne Sonia Lupien.
Pourtant, ces préconceptions négatives pourraient paradoxalement alimenter l’anxiété, puisque ces personnes produiront des hormones de stress.
«Plus tu dis à ton cerveau que tu vas mourir de stress, plus il détecte une menace et plus tu produis du stress. C’est un cercle vicieux», insiste la neuroscientifique, notant qu'il ne faut pas voir le stress comme «un ennemi», mais plutôt apprendre à l'aimer.
Une étude de 2022 faite par une des doctorantes de Sonia Lupien dans les écoles révèle que 77% des jeunes ne souffrent pas d’anxiété clinique. Or, ils sont de plus en plus «terrorisés» à l’idée d’être stressé, ce qui les mène étroitement à une réponse de stress.
Comment gérer le stress?
Sonia Lupien note qu’il est important d’apprendre à «bien stresser», lorsque le cerveau envoie des signaux d’alerte face à une menace.
«Ce n’est pas parce que tu es alarmé, que c’est la fin du monde et que tu vas mourir, explique-t-elle. Il ne faut pas paniquer. Il y a juste un nœud, quelque chose que tu ne contrôles pas. Il faut agir sur ce nœud-là.»
En plus d’accepter les signaux d’alarme du cerveau, il faut accepter «de s’adapter aux stresseurs».
«Il faut voir les stresseurs de la vie comme des gros blocs de stress que la vie dépose sur notre chemin, dit-elle. J’ai deux choix: je poursuis mon chemin et je stress ou j’accepte de m’adapter à la présence du bloc de stress.»
Il est d’ailleurs «essentiel» d’accepter qu’un humain puisse faire des erreurs. «Un cerveau qui ne fait pas d’erreur ne peut pas apprendre. [...] Le stress aide à l’évolution, poursuit Mme Lupien. On s’adapte, on fait des erreurs et on devient de plus en plus intelligent avec les années.»
«Dans chaque adversité, il y a toujours une opportunité d’apprendre quelque chose», ajoute-t-elle.
Voyez l'entrevue complète avec Sonia Lupien, ci-dessus.