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L'article provient de Le Journal de Montréal
Monde

Enquête sur ses liens avec Jeffrey Epstein: le patron de Barclays, Jes Staley, quitte son poste

AFP
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2021-11-01T08:20:09Z
2021-11-01T12:01:32Z
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LONDRES | La banque Barclays a annoncé la démission précipitée de son patron, Jes Staley, le dernier en date à être rattrapé par ses liens avec l’ex-investisseur inculpé pour crimes sexuels Jeffrey Epstein — lequel est décédé —, après Bill Gates et le prince Andrew.

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Le dirigeant souhaite contester les conclusions préliminaires d’une enquête des régulateurs britanniques qui «ne fait aucune constatation selon laquelle M. Staley a vu, ou était au courant de l’un des crimes présumés de M. Epstein», ce financier accusé de trafic de mineures et qui s’est depuis suicidé en prison, souligne la banque britannique dans son communiqué.

C.S. Venkatakrishnan, qui était jusqu’ici directeur mondial des marchés du groupe Barclays, remplace M. Staley dès lundi. Avant de rejoindre Barclays en 2016, il travaillait aussi chez JPMorgan Chase depuis 1994, «occupant des postes de direction dans la gestion d’actifs».

Le titre de Barclays à la Bourse de Londres chutait lundi peu avant 11 h GMT de 2,03% à 198,14 pence.

La banque avait révélé en février 2020 que Jes Staley, un Américain de 64 ans, était visé par cette enquête, ce qui n’avait pas empêché l’entreprise de lui renouveler sa confiance.

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«Barclays et M. Jes Staley, directeur général du groupe, ont été informés vendredi soir des conclusions préliminaires» de cette enquête lancée par les deux principaux régulateurs financiers britanniques, la FCA et la PRA, sur la manière dont M. Staley a évoqué auprès de son groupe ses liens d’affaires passés avec Jeffrey Epstein.

M. Staley avait développé cette relation d’affaires avec M. Epstein dans les années 2000 lorsqu’il dirigeait la banque privée de JPMorgan, qui comptait le financier américain parmi ses principaux clients.

Il avait présenté ses excuses en février 2020 à propos d’une relation qui s’est poursuivie, selon lui, jusqu’à l’été ou l’automne 2015. «Avec ce que nous savons maintenant, je regrette profondément d'avoir eu des liens avec Jeffrey», avait-il dit.

Protéger la réputation

Le conseil d’administration de la banque s’est dit lundi «déçu» de cette issue, alors que «M. Staley dirige le groupe Barclays avec succès depuis décembre 2015, avec engagement et compétence».

La banque avait annoncé, fin octobre, un bénéfice net quadruplé à 5,3 milliards de livres sur les neuf premiers mois de l’année, avec une performance «record» au troisième trimestre grâce à la reprise de l’économie.

La FCA et la PRA ont pour leur part annoncé dans un communiqué «ne pas commenter les enquêtes en cours ou les procédures réglementaires».

«Les répercussions du scandale autour de Jeffrey Epstein s’étendent, et Barclays se trouve à son tour au cœur de la tourmente, a commenté Susannah Streeter, analyste de Hargreaves Lansdown.

«Barclays a raison de couper court maintenant» à sa relation avec M. Staley, et «aurait probablement pu le faire plus tôt» en raison du risque de ternir la réputation de la banque, renchérit Neil Wilson, analyste de Markets.com.

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L’homme d’affaires Jeffrey Epstein, qui s’est suicidé en prison en août 2019, est accusé d’avoir fait venir des mineures — certaines étant âgées de 14 ans seulement — dans ses résidences de Manhattan et de Palm Beach (Floride), entre 2002 et 2005 au moins, «pour se livrer à des actes sexuels avec lui, après quoi il leur donnait des centaines de dollars en liquide».

Déjà accusé, plus de dix ans auparavant en Floride, de recourir aux services de dizaines de prostituées mineures, M. Epstein avait passé un accord controversé avec le procureur fédéral chargé de l’affaire et avait été condamné uniquement pour des faits mineurs.

Parmi les nombreuses personnalités incriminées dans l’affaire, le prince Andrew, deuxième fils de la reine Elizabeth II, est visé par une plainte aux États-Unis, accusé d’agressions sexuelles par une Américaine, Virginia Giuffre.

Le milliardaire américain et ex-patron de Microsoft Bill Gates avait admis cet été avoir fait «une énorme erreur» en rencontrant Jeffrey Epstein, à qui il dit avoir eu affaire dans le but de collecter des fonds pour ses activités philanthropiques. 

Le français Jean-Luc Brunel, fondateur de l’agence de mannequins Karin Models, est par ailleurs soupçonné d’avoir repéré des jeunes femmes pour le financier.

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