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L'article provient de Le Journal de Montréal
Monde

La Russie veut des relations «égales» avec Washington

AFP
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2022-01-30T15:22:01Z
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La Russie a déclaré dimanche vouloir des relations «égales» avec les États-Unis et a accusé les Occidentaux de causer les tensions autour de l’Ukraine, alors que Londres appelle à renforcer l’OTAN et à cibler le Kremlin.

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«Nous voulons de bonnes relations, équitables, mutuellement respectueuses et égales avec les États-Unis, comme avec tout autre pays du monde», a déclaré à la télévision le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Les tensions sont au plus haut entre Moscou et les Occidentaux au sujet de l’Ukraine, près de laquelle la Russie, accusée de préparer une invasion, a massé des dizaines de milliers de soldats et des armements lourds.

Intérêts légitimes

La Russie «ne veut pas rester dans une position où [sa] sécurité est régulièrement violée», comme dans l’éventualité d’une intégration de l’Ukraine à l’OTAN, a poursuivi M. Lavrov.

Moscou continuera donc à chercher «des garanties juridiquement contraignantes» qui prendront en compte les «intérêts légitimes» de la Russie, et va envoyer aux pays de l’OTAN et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) «une demande officielle les exhortant à préciser comment ils entendent mettre en œuvre leur engagement à ne pas renforcer leur sécurité au détriment de la sécurité des autres».

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«Desseins égoïstes»

La Russie est accusée depuis fin 2021 d’avoir massé jusqu’à 100 000 soldats à la frontière ukrainienne en vue d’une attaque. Moscou nie tout projet en ce sens, tout en réclamant des garanties écrites pour sa sécurité, dont le rejet d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et la fin du renforcement militaire de l’Alliance à l’Est.

Cette demande clé a été rejetée par les États-Unis cette semaine dans une réponse écrite à Moscou. Le Kremlin a indiqué réfléchir encore à sa réaction.

Un proche du président Vladimir Poutine, le chef du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev, a de son côté accusé les Occidentaux d’exacerber eux-mêmes les tensions. 

«Nous ne voulons pas de guerre. Et nous n’en avons pas du tout besoin. Et ceux qui l’imposent, notamment les Occidentaux, poursuivent leurs propres desseins égoïstes», a-t-il déclaré, cité par les agences de presse russes.

Déployer des troupes

Plusieurs pays occidentaux ont annoncé ces derniers jours l’envoi de nouveaux contingents en Europe orientale, dont les États-Unis, qui ont déjà placé 8500 militaires en alerte pour renforcer l’OTAN, et la France, qui veut déployer «plusieurs centaines» de soldats en Roumanie.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, va quant à lui proposer la semaine prochaine à l’OTAN un déploiement de troupes pour répondre à la montée de «l’hostilité russe» envers l’Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont appelé les Occidentaux samedi à rester «fermes et vigilants» dans les négociations avec la Russie, tout en appelant à ne pas semer la «panique» quant à l’imminence d’une invasion.

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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, son homologue allemande Annalena Baerbock ainsi que le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, sont attendus cette semaine à Kiev. La ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, dont le pays fournit une assistance militaire à l’Ukraine, y est arrivée dimanche pour une visite de deux jours.

Cibler le Kremlin

Les Européens et les Américains ont promis des sanctions sans précédent en cas d’attaque contre l’Ukraine.

Londres, qui a multiplié les annonces pour tenter d’accroître la pression sur Moscou, a ainsi indiqué dimanche vouloir cibler les intérêts russes «qui touchent directement le Kremlin».

Le gazoduc stratégique Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne et l’accès des Russes aux transactions en dollars — la monnaie reine dans les échanges internationaux — ont aussi été évoqués.

Les États-Unis ont par ailleurs saisi jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU, réclamant une réunion lundi en raison de la «menace claire» que fait peser à leurs yeux la Russie sur «la paix et la sécurité internationales».

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