La guerre contre les garçons


Mathieu Bock-Côté
L’homme doit-il se «libérer» de la virilité, et même, de la masculinité?
Cette question qui, hier encore, n’aurait eu aucun sens pour l’immense majorité des mortels est en train de prendre forme dans l’espace public.
On lui consacre des ouvrages, et on invite leurs auteurs sur toutes les tribunes.
Elle s’appuie sur une théorie, la théorie du genre, voulant que le masculin et le féminin soient de pures constructions sociales qu’il faudrait déconstruire et abattre, pour en finir avec le sexisme et le patriarcat.
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Masculin
L’individu pourrait alors s’en libérer, et construire son identité sans modèle préconçu.
Le non-genré devient ainsi la nouvelle norme à partir de laquelle reconstruire la société. On invite ainsi les enfants à se dégenrer, et sans surprise, ils sont de plus en plus nombreux à se croire d’un autre sexe que le leur.
Quant à ceux qui croient encore que le masculin et le féminin s’ancrent à la fois dans la nature et dans une culture qui n’est pas sans mérite, on les accuse d’être réactionnaires.
L’humanité doit se fondre dans un magma indifférencié. Et qu’on ne se trompe pas, cette idéologie est de plus en plus agressive.
Ces jours-ci, elle s’en prend à la figure de l’homme.
On assimile son énergie vitale à une forme de violence primitive.
On réduit son esprit d’aventure à une forme d’agressivité pathologique.
Quant à son désir de séduire, ne relève-t-il pas tout simplement de la culture du viol?
L’objectif est déclaré : la masculinité doit tomber. Car on l’accuse d’être toxique.
Appliquée à l’école, cette idéologie prend la forme d’une véritable guerre contre les garçons. Ils deviennent les véritables cobayes d’une société transformée en laboratoire.
Dans la jeune génération, cette idéologie engendre une vraie déstabilisation psychologique et une perte des repères élémentaires.
Cette idéologie inquisitrice entend ainsi revisiter certaines figures de la culture populaire et les maudire.
Prenons seulement comme exemple des héros de l’histoire du cinéma.
Est-il encore permis aujourd’hui d’aimer des films comme Casablanca, Indiana Jones ou même Le Seigneur des anneaux sans qu’un flic idéologique vienne vous dire que vous appréciez des personnages coupables de masculinité toxique?
Et qu’en sera-t-il pour l’histoire de la littérature?
Nous sera-t-il même permis de présenter ces œuvres, dans une dizaine d’années? Ne seront-elles pas accusées de corrompre la jeunesse?
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Désir
Nous entrons dans un monde qui, au nom de la «diversité», de «l’égalité» et de la lutte contre les discriminations, nous pousse à tout détruire et à rêver du néant.
Ce monde, s’il vient à bout de nos résistances, sera fade, sans joie, sans élégance, sans pétillement, coupé de la nature et de la vie.
Le désir entre les sexes s’éteindra.
Mais les déconstructeurs haineux seront contents. Sur un monde en ruine, ils règneront.
Ce qui ne nous empêche pas, d’ici là, de leur tenir tête en leur disant joyeusement : «la virilité est un humanisme»! Et à celui qui chouinera devant les censeurs, de peur de se faire insulter, on ajoutera: comporte-toi comme un homme!