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L'article provient de Le Journal de Montréal

Le Québec et l'Islande ont beaucoup de choses en commun, croit l'écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson en visite au Québec

L'écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson sera en visite au Québec dans les prochains jours, dans le cadre du Festival nordique Fika(s).
L'écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson sera en visite au Québec dans les prochains jours, dans le cadre du Festival nordique Fika(s). © Joel Saget / AFP
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Photo portrait de Marie-France Bornais

Marie-France Bornais

8 mars à 3h05
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Pour la première fois de sa carrière, l’écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson, auteur des best-sellers Mon sous-marin jaune et Ton absence n'est que ténèbres, entre autres, rencontrera ses lecteurs québécois dans le cadre du Festival nordique Fika(s). Sa visite à Montréal et à Québec, dans les prochains jours, sera l’occasion de discuter de son parcours d’écrivain et d'aborder la littérature, l’Islande et la culture islandaise, la nordicité et les liens qui unissent le Canada et l’Islande.

Le best-seller «Mon sous-marin jaune», de l'écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson, est déjà vendu dans 11 pays.
Le best-seller «Mon sous-marin jaune», de l'écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson, est déjà vendu dans 11 pays. © Christian Bourgeois Éditeur

«C’est ma première visite et j’ai très hâte de vivre cette expérience! Par contre, je ne pense jamais à mes lecteurs de cette façon. J’écris simplement des livres et j’espère qu’ils rejoindront le lecteur, du plus grand nombre de façons possible, qu’ils vont l’émouvoir, qu’ils vont le faire réfléchir à sa propre vie, à ce qui l’entoure, à l’humanité, et connecter tous les gens les uns aux autres», commente Jón Kalman Stefánsson, en entrevue par courriel peu avant son voyage.

«Parfois, quand vous lisez des livres qui viennent d’ailleurs, vous devenez tellement plus qu’une personne localisée à un certain endroit: vous devenez cosmopolite. Vous avez le sentiment que notre monde, la planète Terre, est comme un bateau qui flotte dans la noirceur du ciel, et qu’il n’y a pas d’étrangers. Ce n’est pas vous et eux, mais simplement des citoyens de notre maison, notre Terre.»

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Il dit ne connaître Québec et Montréal que par fragments... mais veut s’imprégner de tout: «les gens, les édifices, le paysage... Je veux courir dans le parc du Mont-Royal, penser à Leonard Cohen, et marcher dans la belle et vieille ville de Québec.»

Raconter des histoires

Jón Kalman Stefánsson explique que raconter des histoires fait partie intégrante de sa culture. «Les histoires ont été racontées ici depuis des siècles. Elles étaient vitales, à cause de la faible densité de population et de sa dispersion: il n’y avait presque pas de villages ici avant le 19e siècle.»

«Les Islandais n’avaient pratiquement rien d’autre à faire que laisser le temps passer et raconter des histoires: on lisait les grandes sagas à haute voix, on récitait toutes sortes de ballades.»

Son parcours d’écrivain

Il ne peut cependant pas affirmer que c’est ce qui a fait de lui un écrivain. «Je crois qu’on naît écrivain ou poète. Je suis né avec cette profonde envie d’écrire, d’abord de la poésie, ensuite des romans. Je raconte les histoires qui me viennent en écrivant: toutes sortes d’épisodes, d’événements, toutes sortes de gens qui émergent des pages blanches et demandent qu’on raconte leur histoire. Il faut que je capture leur vie, leurs pertes, leurs joies, leurs jours et leurs nuits.»

Des points communs

Jón Kalman Stefánsson, par ailleurs, croit que l’Islande et le Canada ont plusieurs choses en commun. «Il y a cette nature sans fin où personne n’habite et cela a sûrement un effet sur l’essence des Canadiens et forme leur caractère national, tout comme la nature sauvage, les longs hivers, la noirceur des nuits et le scintillement des étoiles ont formé le nôtre. Mais... les Islandais sont des insulaires isolés du reste du monde et cela nous a profondément marqués.»

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Mon sous-marin jaune

Jón Kalman Stefánsson explique que son roman, Mon sous-marin jaune, réclamait son attention alors qu’il travaillait sur un autre livre. Il y raconte l’histoire d’un écrivain qui, apercevant Sir Paul McCartney sur le banc d'un parc, à Londres, rêve de parler avec son idole.

«Mon sous-marin jaune est en partie basé sur mon enfance et ma jeunesse. Quand je l’ai finalement commencé, j’ai senti que c’était un roman et qu’il fallait que je l’écrive. Et je l’ai fait parce que ça venait du cœur. Malheureusement, je n’ai jamais rencontré Sir Paul McCartney en personne, et lui non plus ne m’a jamais rencontré!»

Mon sous-marin jaune

Jón Kalman Stefánsson

Christian Bourgeois Éditeur

Environ 400 pages

  • L’écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson est né à Reykjavik en 1963.
  • Il a publié 15 romans et deux recueils de poésie.
  • Quatre de ses œuvres ont été nommées pour le Prix littéraire du Conseil nordique.
  • Son roman Ton absence n'est que ténèbres a remporté le prix du Livre étranger 2022 France Inter / Le Point, et son dernier roman, Mon sous-marin jaune, est vendu dans 11 pays.
  • Il sera en tournée au Québec à l’occasion du festival nordique Fika(s).
  • Il rencontrera les lecteurs le mardi 11 mars à la librairie Un livre à soi, sera à la Maison de la littérature de Québec le mercredi 12 mars et à la librairie Gallimard le jeudi 13 mars.
«Bien que je sois assis depuis un moment à côté de lui et qu’il n’y ait aucun doute sur l’importance des sujets dont je souhaite l’entretenir, je n’ai pas encore osé déranger l’ancien Beatles. Certes, cette conversation est urgente, mais les thèmes que je souhaite aborder sont si multiples et leur système racinaire si complexe que mon esprit ne parvient pas à les embrasser. Mon discours risque d’être plutôt embrouillé.»
- Jón Kalman Stefánsson, Mon sous-marin jaune, Christian Bourgeois Éditeur

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