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L'article provient de Le Journal de Québec
Société

[EN IMAGES] De quoi avait l'air les Noëls au temps de la Nouvelle-France

Le célèbre explorateur suédois Pehr Kalm écrit en 1749 dans son journal de voyage que les habitants de Nouvelle-France aiment se visiter, manger et boire avec la famille et leurs amis.
Le célèbre explorateur suédois Pehr Kalm écrit en 1749 dans son journal de voyage que les habitants de Nouvelle-France aiment se visiter, manger et boire avec la famille et leurs amis. Photo Bibliothèque et Archives Canada
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Martin Landry

16 décembre 2022
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À l’époque de la Nouvelle-France, entre 1608 et 1763, les fêtes les plus célébrées dans les foyers canadiens étaient le réveillon de Noël et le jour de l’An, mais aussi deux autres fêtes que nous ne soulignons pratiquement jamais aujourd’hui, l’Épiphanie et le Mardi gras.

Ce sont les premiers missionnaires et les colons catholiques français qui ont implanté la fête de Noël au Canada. 

La première mention connue de Noël chez les Premières Nations remonte à l’année 1641 quand le missionnaire Jean de Brébeuf, qui vivait depuis quelques années en Huronie, a composé en huron-wendat un chant de Noël. 

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Il a en fait adapté les symboles traditionnels de l’histoire entourant la naissance de Jésus en y intégrant des éléments de la culture des premiers peuples d’Amérique. 

Dans les paroles de cette chanson, considérée comme le premier cantique canadien, l’Enfant Jésus était enveloppé dans des peaux de lièvre et déposé dans une cabane d’écorce typique des Premières Nations. De plus, le père Brébeuf avait pris soin de remplacer les bergers et les Rois mages par des chasseurs et des chefs autochtones qui offrent au nouveau-né de belles fourrures.

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Photo Bibliothèque et Archives Canada
Photo Bibliothèque et Archives Canada

JÉSUITES

Pour connaître une partie de l’histoire de l’époque de la Nouvelle-France, les historiens consultent bien souvent les récits des Jésuites. 

Ces ecclésiastiques consignaient méthodiquement les évènements de leur quotidien, même les faits les plus insignifiants. On y a découvert entre autres que l’isolement colonial, particulièrement en hiver, a provoqué un engouement pour les fêtes (la fête) dans la vallée du Saint-Laurent au 17e et 18e siècle. Ainsi, dès les premières années du régime colonial français, on célébrait Noël, mais différemment d’aujourd’hui, car c’était une célébration plutôt religieuse, donc une fête pieuse pas vraiment propice aux échanges de cadeaux. On sait d’ailleurs qu’en 1645 des colons français se sont réunis pour la messe de minuit dans la maison de la Compagnie des Cent-Associés. 

Le pain, béni par l’Église, a été généreusement offert aux gens présents. Cette messe de minuit, c’était l’occasion, pour les premiers colons, d’entonner en cœur de vieux chants de Noël français, moins connus maintenant, comme Chantons Noé. 

Durant les réjouissances de Noël et du jour de l’An, nos ancêtres avaient l’habitude de boire de la bière d’épinette.
Durant les réjouissances de Noël et du jour de l’An, nos ancêtres avaient l’habitude de boire de la bière d’épinette. Dessin par Paul Caron

C’est aussi à cette époque que sont apparus les Jésus en cire dans les crèches. Ce sont les religieuses ursulines qui ont fabriqué le premier petit Jésus de cire canadien. Le fragile nouveau-né était mis en scène dans une crèche confectionnée également par les sœurs. Si au départ cette reconstitution de la Nativité était destinée aux Premières Nations, les crèches se sont rapidement répandues dans toutes les églises de la Nouvelle-France, mais pas chez monsieur et madame Tout-le-Monde, car la tradition de la crèche à la maison ne s’implantera que plus tard au 19e siècle. Pour les chrétiens de la Nouvelle-France, l’histoire de la Nativité prenait une grande importance, parce qu’elle expliquait en partie le mystère de la vie et de la création. 

Réjouissances

À l’époque, les réjouissances et les veillées débutaient à Noël et duraient jusqu’à douze jours pour se terminer à la fête des Rois. Précisons qu’en Nouvelle-France, la véritable célébration c’était le réveillon du jour de l’An, ce n’était pas Noël. Le matin du Premier de l’an, on s’échangeait de petits cadeaux. Il était aussi coutume de se visiter entre voisins, pour offrir ses meilleurs vœux pour la nouvelle année. 

Que mangeait-on durant ces célébrations hivernales ? En fait, on n’est pas certain, mais ce qu’on sait, c’est que le paysan canadien se nourrissait mieux que le paysan en France, car il avait accès à du petit gibier, à du poisson et même, dans la région de Québec, à de savoureuses anguilles.
Que mangeait-on durant ces célébrations hivernales ? En fait, on n’est pas certain, mais ce qu’on sait, c’est que le paysan canadien se nourrissait mieux que le paysan en France, car il avait accès à du petit gibier, à du poisson et même, dans la région de Québec, à de savoureuses anguilles. Photo Bibliothèque et Archives Canada

L’arrivée des Britanniques après 1760 n’a pas eu tellement d’impact sur la façon de célébrer Noël dans les familles canadiennes-françaises quoique doucement, des symboles laïques comme le sapin de Noël se sont intégrés à cette grande fête de décembre. 

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