Plus d’Américains voudraient que leur État devienne une province canadienne que de Canadiens qui voudraient se joindre aux États-Unis, révèle un sondage
Une forte majorité de nos voisins du Sud voient négativement les projets économiques de Trump


Dominique Scali
Donald Trump a beau répéter que le Canada devrait devenir le 51e État, c’est plutôt l’inverse qui devrait se produire, si l’on se fie aux 20% d’Américains qui seraient favorables à ce que leur État devienne une province canadienne.
«C’est fascinant», s’exclame Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage du même nom. «Et c’est la première fois que c’est mesuré.»
Chaque semaine, Léger réalise un sondage des deux côtés de la frontière sur des sujets comme la perception des tarifs douaniers.
Le plus récent coup de sonde révèle qu’un Américain sur cinq (20%) se dit favorable à l’idée que son État devienne une province canadienne.
«Si tu es jeune, que tu habites dans l’Ouest américain et que tu es une femme, tu as plus de chance d’y être favorable», observe M. Léger.
En comparaison, moins d’un Canadien sur dix (9%) se dit favorable à l’idée que le Canada devienne le 51e État américain.



Ce chiffre est d’ailleurs en baisse constante de semaine en semaine.
«L’effet Trump fait que davantage d’Américains aimeraient devenir Canadiens que l’inverse», résume M. Léger.
La seule clientèle potentielle pour un Canada américain se trouve en Alberta, où une délégation d’indépendantistes a d’ailleurs l’intention de se rendre à Washington prochainement. Et encore, avec 15% d’appui, cette frange reste minoritaire, rappelle M. Léger.
Moins d’objectivité
Le sondage révèle également à quel point la politique économique de Trump est perçue négativement.
Seulement 35% des Américains se disent en faveur des tarifs douaniers imposés au Canada. Ce chiffre monte toutefois à 63% si l’on braque le projecteur sur les électeurs républicains.
«Les Américains portent les lunettes du parti qu’ils appuient. Il n’y a plus d’objectivité aux États-Unis. Il y a vraiment une très grande division», explique M. Léger.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
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Reste que 68% des Américains redoutent que les tarifs augmentent le coût de leur panier d’épicerie et 41% s’inquiètent de perdre leur emploi. Ce chiffre est plus élevé que celui du côté canadien, où 38% se disent inquiets.
Québécois motivés
Pendant ce temps, les Canadiens ont bel et bien modifié leurs habitudes de consommation pour réagir à la guerre commerciale, avec 70% qui disent avoir réduit leurs achats de produits américains en magasin.
«Il y a vraiment un effet de solidarité canadienne. Les gens sont passés de l’intention aux actes», note M. Léger.
C’est d’ailleurs au Québec que cette tendance au boycottage est la plus marquée (76%).
«Les Québécois ont complètement embarqué. Ils sont plus fiers d’être Canadiens que dans le reste du Canada», s’étonne le sondeur.
Méthodologie: sondage en ligne réalisé entre le 21 et le 24 mars 2025 auprès de 1599 Canadiens et 1012 Américains. Les résultats ont été pondérés en fonction de l’âge, du genre, de la langue, de la région, de l’éducation et de la présence d’enfants au sein du ménage. En guise de comparaison, une marge d’erreur sur un échantillon probabiliste de cette taille serait de plus ou moins 2,45% pour le Canada et de 3,08% pour les États-Unis.
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