Meurtre dans Vanier en octobre 2023: l’un des deux accusés règle son dossier
Elliot Kamoun a plaidé coupable d’homicide involontaire lundi alors que devait s’ouvrir son enquête préliminaire avec son coaccusé, Daniel Genest


Pierre-Paul Biron
L’un des deux individus accusés d’un meurtre survenu dans le quartier Vanier en octobre 2023 a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire. Elliot Kamoun devrait maintenant être condamné à une peine de huit ans de détention.
Kamoun et son coaccusé, Daniel Genest, devaient subir leur enquête préliminaire toute la semaine au palais de justice de Québec, mais le premier a choisi de régler son dossier lundi matin.
L’individu de 29 ans, initialement accusé du meurtre au deuxième degré d’Alain Charbonneau, a reconnu sa culpabilité à une accusation d’homicide involontaire coupable.
Les détails entourant l’événement demeurent toutefois sous ordonnance de non-publication, puisque Daniel Genest pourrait toujours subir un procès devant jury. Ce dernier demeure accusé de meurtre non prémédité.


Cris et blessures
Les policiers avaient été appelés chez Alain Charbonneau, sur l’avenue Proulx, dans le secteur Vanier, peu après minuit le 23 octobre 2023.
C’est son frère, qui était aussi son voisin, qui a contacté les autorités après avoir entendu du bruit et des cris provenant de l’appartement de la victime. L’homme de 50 ans avait alors été retrouvé inerte, souffrant de nombreuses blessures visiblement causées par une violente agression.

Elliot Kamoun avait fui les lieux, mais avait pu être identifié par les enquêteurs, puisqu’ils ont retrouvé un sac à main avec une pièce d’identité à son nom. Son ADN a également été prélevé sur la scène. Il avait été arrêté deux jours après le drame.
En interrogatoire, il a reconnu avoir volé des stupéfiants et de l’argent dans un meuble de la chambre de la victime, mais il niait l’avoir touchée. Des caméras de surveillance qui se trouvaient à proximité des lieux du drame montraient l’accusé arriver vêtu d’une cagoule et d’un masque respiratoire.

Peine de 8 ans à venir
Le procureur au dossier, Me Alexandre Morency, a déjà informé le tribunal que les parties en étaient venues à une entente pour une suggestion commune d’une peine de huit ans.
La sentence sera toutefois plaidée à une date ultérieure, puisque Me Marco Robert entend présenter une requête pour que la détention provisoire de son client soit calculée au temps double. Selon la défense, les conditions de détention difficiles d’Elliot Kamoun en attente de son procès justifient une telle décision. Le calcul habituel prévoit la prise en compte de la privation de liberté provisoire à temps et demi.
D’ailleurs, le délinquant de 29 ans est apparu anxieux et préoccupé devant le tribunal lundi. S’interrogeant sur la présence des journalistes dans la salle, Kamoun a dit s’être senti «drôlement intimidé» de voir des inconnus le regarder dans le box des accusés en prenant des notes.
«On ne connaît pas les individus, qui ils sont, ce qu’ils font. La victime a probablement des amis, le complice a probablement des amis, ce qui fait que j’ai probablement des ennemis», a-t-il lancé au juge Mario Tremblay, qui lui a refusé la permission de demander aux représentants des médias de s’identifier.
«Ils font leur travail, c’est leur métier. [...] Lisez les journaux», a rétorqué le magistrat, coupant court aux demandes de l’accusé.
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