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L'article provient de Le Journal de Montréal
Opinions

Fermeture de résidences pour aînés: chapitre 3

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Photo portrait de Maria Mourani

Maria Mourani

28 septembre 2022
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Depuis mes deux chroniques sur cette thématique, celles du 7 et 21 septembre, les courriels fusent : certains des résidents racontant leurs mésaventures de locataires et d’autres, de dirigeants, m’expliquant les tenants et aboutissants de ce type de résidences. 

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J’en ai même reçu un de la ministre Blais et de son vis-à-vis, le président du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Marc Fortin. 

Tout d’abord, il faut reconnaître que le sujet est complexe et ne peut se résoudre par des actions cosmétiques qui, certes, passent bien sur le plan médiatique, mais ne règle en rien le problème. Quelle est la problématique? 

Plus de 280 résidences fermées

De plus en plus de résidences privées pour aînés (RPA) ferment leurs portes. Depuis janvier 2021, ce serait plus de 280 RPA qui auraient mis la clé sous le paillasson. Les raisons sont multiples : explosion des coûts d’exploitation (salaires, nourriture, etc.), pénurie de main-d’œuvre, lourdeur administrative, réglementations non adaptées aux petites RPA, etc. Ces fermetures se retrouvent dans plusieurs régions du Québec. La résidence Duhamel et Le Riverain en Estrie en sont des exemples récents. 

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Il faut savoir que les RPA de 70 logements ou moins ne peuvent bénéficier de prêts bancaires pour faire face aux difficultés financières, puisque les banques les considèrent comme un investissement risqué. Ceux qui sont encore dans les critères d’octroi doivent faire face à de haut taux d’intérêt. La Caisse de dépôt et placement préfère d’ailleurs éviter les RPA.  

Que dit la ministre?

Tout va bien. Les propriétaires de RPA et les résidents devraient se sentir rassurés. La nouvelle mouture entourant la certification, qui entrera en vigueur le 13 décembre prochain, est la solution à tous leurs maux. Il y aurait, par exemple, une aide à l’augmentation des primes d’assurance. Toutefois, la ministre omet de préciser que cette mesure temporaire de deux ans concernera uniquement les résidences de moins de 100 logements. Elle ne dit rien non plus sur le refus d’un grand nombre d’assureurs de faire affaire avec les RPA. 

Pour les résidents, ils auront maintenant 9 mois au lieu de 6 mois pour se trouver un autre logement ou être transférés ailleurs si un propriétaire décide de fermer boutique. De plus, le financement des Centres d’assistance et d’accompagnement aux plaintes aurait été renouvelé pour 5 ans. Est-ce que cela va contribuer à une augmentation des plaintes? Cela reste à voir, puisque le Protecteur du citoyen sonnait déjà l’alarme dans son rapport de 2016 sur le peu de plaintes des aînés.  

Quelques mesures, donc, cosmétiques, qui sont un pas dans la bonne direction. Cependant, la ministre ne dit mot sur l’engagement de son gouvernement à changer la grille des loyers. Dans le budget 2021-2022, il est mentionné qu’il «procédera à l’examen de la méthode de fixation de loyer dans les RPA.» Une revendication de plus de 10 ans du RQRA qui semble au cœur de leur préoccupation financière. Pourquoi cette attente?

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