Appel Trump-Poutine: des Moscovites espèrent une victoire russe «comme en 1945»

AFP
À Moscou, on ne croit pas en une paix imminente, malgré les conversations et la bonne entente affichée entre Vladimir Poutine et Donald Trump, mais certains se prennent à croire en une victoire russe, «comme en 1945» face à l'Allemagne nazie.
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Mardi soir, le président russe a dit avoir ordonné pour un mois une cessation des frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, réclamant la pareille de Kiev et rejetant de facto la demande américaine d'une trêve généralisée de 30 jours que l'Ukraine avait de son côté acceptée, sous la pression de Donald Trump.
«Ces négociations c'est une bonne nouvelle. J'espère que cette confrontation fratricide touche à sa fin», dit à l'AFP Vladimir, un informaticien de 42 ans, exprimant sa «sympathie pour le peuple ukrainien», cible d'un assaut russe depuis trois ans.
Dans la rue piétonne de l'Arbat, dans le centre de Moscou, le ciel gris et un vent glacial poussent les badauds vers les cafés et les kiosques de souvenirs où des matriochkas aux effigies de Vladimir Poutine et Donald Trump sont aujourd'hui prisés.
«C'est très bien pour la Russie qu'une telle conversation téléphonique ait eu lieu», estime Nikolaï Alekseïevitch, un retraité de 91 ans, espérant une rencontre «bientôt» des deux présidents.
«Mourir avec une victoire»
«L'essentiel c'est qu'ils se mettent d'accord sur la base des conditions fixées par la Russie et que la paix s'installe le plus vite possible», souligne-t-il.
Evguéni Vorobiov, un retraité de 86 ans, espère qu'une «victoire» de son pays russe mettra fin au conflit avant sa mort.
«J'en ai marre de cette guerre maudite», dit-il, racontant avoir survécu à celle contre les nazis, lorsqu'il était enfant.
«J'avais six ans à l'époque. Et maintenant, il est temps pour moi de mourir et il y a une nouvelle guerre. Je veux mourir avec une victoire, notre victoire», ajoute Evgueni, faisant écho au Kremlin dont la propagande présente les autorités ukrainiennes comme des nazis.
Sceptique quant à la réalité des efforts diplomatiques, Ildar, âgé de 54 ans et qui travaille dans le secteur du tourisme, qualifie les récents contacts entre MM. Poutine et Trump de «jeux politiques».
«Ils n'ont pas réussi à s'entendre sur la question essentielle. Les États-Unis réclament une trêve, mais continuent à livrer des armes à l'Ukraine», souligne ce touriste venu de la ville russe d'Oufa, près de l'Oural.
Il se dit contre tout cessez-le-feu: «Notre président a raison de dire: pourquoi leur donner (aux Ukrainiens, NDLR) un répit? Pour leur laisser la possibilité de se regrouper et de se réorganiser?».
«Début positif»
Vladimir Poutine a conditionné mardi un «possible cessez-le-feu sur toute la ligne de contacts» à la fin de la «mobilisation forcée en Ukraine et (du) réarmement des forces armées ukrainiennes».
Tatiana, une retraitée de 82 ans, est sur la même ligne.
«Que va-t-il se passer pendant ces 30 jours de trêve? Zelensky va se réarmer, de nouveaux appelés vont s'entraîner? De malheureux Ukrainiens vont à nouveau être recrutés de force dans l'armée?», reprenant la rhétorique du Kremlin qui affirme que les Ukrainiens combattent sous la contrainte et non pour défendre leur pays.
«Poutine veut la paix, Trump veut la paix. Mais l'essentiel c'est que les gens cessent de mourir», ajoute-t-elle.
Pour Larissa, employée de 46 ans d'une compagnie d'État, «il y a toujours un espoir de paix, mais ça ne se fait pas en un jour ou deux».
«Le début est positif, mais on verra bien», dit-elle, avant de dire souhaiter une issue «en faveur» de la Russie. «Comme en 1945».