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L'article provient de TVA Nouvelles
Société

Immigration: une famille française installée à Sherbrooke demande l’intervention urgente du ministre Roberge

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Guillaume Cotnoir-Lacroix

31 mars à 6h
31 mars à 16h21
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Une famille française installée à Sherbrooke depuis bientôt 5 ans demande l’intervention d’urgence du ministre de l’Immigration Jean-Francois Roberge, pour éviter de devoir quitter le pays. 

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Devant le refus du gouvernement de leur accorder un certificat de sélection du Québec, l’avenir de Delphine Pitois, Nicolas Guillou et leurs trois enfants pourrait bien être ailleurs qu’ici.

Arrivée en juillet 2020 à Sherbrooke, la famille Guillou-Pitois a multiplié les démarches au fil des ans pour tenter de régulariser leur statut d’immigration.

Aidés par la députée fédérale Élisabeth Brière, le couple et leurs enfants ont pu rester à Sherbrooke en accumulant les sursis. La date d’expiration de leur séjour pourrait toutefois arriver bientôt.

En décembre dernier, Nicolas Guillou s’est vu refuser sa demande pour obtenir un Certificat de sélection du Québec (CSQ) de la part du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Le certificat est toutefois nécessaire pour pouvoir ensuite demander la résidence permanente au niveau fédéral.

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«Si on ne nous donne pas le CSQ, nos permis de travail fédéraux arrivent à échéance au 8 décembre 2025. Si on n’a pas de CSQ d’ici là, on ne pourra pas déposer la résidence permanente et on sera contraint de quitter le Québec», a expliqué Mme Pitois.

«Nous, on se projette de vivre ici», a-t-elle ajouté.

Dans le document qui atteste le refus du ministère, un employé écrit que M. Guillou aurait omis de dire dans sa demande qu’il était propriétaire d’une entreprise.

Dans ce document, les fonctionnaires accusent M. Guillou d’avoir menti dans sa demande. M. Guillou, toutefois, jure avoir rempli la documentation de bonne foi après un appel téléphonique avec un fonctionnaire et estime remplir tous les critères pour l’obtention du CSQ.

«On vient avec une famille, on vient dans un état de droit, avec des règles. On les respecte et aujourd’hui, c’est un sentiment d’échec de ne pas avoir pu protéger sa famille», a lancé Nicolas Guillou, en retenant des sanglots.

«Est-ce qu’ils ont pris le temps de lire toute la documentation, honnêtement je ne pense pas», renchérit sa conjointe.

«Je pense que c’est ça en fait, parce que mon mari a toujours pris le temps d’appeler, de prendre connaissance des réponses qu’il pouvait avoir du ministère directement, mais à chaque fois qu’il appelle, on n’a jamais la même personne», a-t-elle continué.

Une famille intégrée et une employée clé

Delphine Pitois est infirmière et chef de service au bloc opératoire de l’hôpital Memphrémagog. Dans deux lettres distinctes écrites par des cadres du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, début 2024, Mme Pitois est vantée comme une employée modèle et cruciale à l’hôpital, dans le cadre des démarches de la famille auprès des instances en immigration.

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Précision: ces lettres étaient toutefois destinées au ministère fédéral, à l’époque. «Gestion exemplaire», «impact réel sur la clientèle», «valeur inestimable» et «compétences exceptionnelles» font partie des termes utilisés par les cadres pour décrire l’infirmière.

Le supérieur immédiat de Delphine Pitois au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Jimmy Hannon, a d’ailleurs accepté de témoigner de l’importance de cette employée. Selon nos informations, plusieurs cadres du CIUSSS avaient levé la main pour accorder une entrevue spécifique sur Mme Pitois.

«On est plusieurs au niveau du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui veulent garder Delphine. Les médecins, ses employés, on veut la garder, donc on espère avoir une décision favorable», lance le coordonnateur des activités chirurgicales par intérim, CIUSSS de l’Estrie-CHUS. «C’est quelqu’un qui est proactif, professionnel, qui est aimé de ses équipes et qui a toujours le souci de sa clientèle. Elle a pu atteindre des performances inégalées.»

«On a 70% de chirurgies de plus du côté de Memphrémagog depuis son arrivée. Elle a augmenté l’accès pour la clientèle», ajoute M. Hannon.

Nicolas Guillou, quant à lui, est propriétaire d’une entreprise à Sherbrooke et les trois enfants du couple fréquentent les écoles de la ville.

Mme Pitois, imperturbable au début de la rencontre et pendant l’entrevue, craque finalement après plusieurs minutes, en évoquant l’enracinement de la famille.

«On s’est intégré tout seul. On a tout fait et ça a fonctionné. Pourquoi vous nous refusez nous, alors que l’on contribue à l’économie du Québec ?» s’est demandé à voix haute Delphine Pitois, rappelant que la famille n’avait ni besoin de francisation, ni d’accompagnement.

Le MIFI ne commente jamais de cas particuliers, nous écrit l’attaché de presse du ministre Jean-François Roberge.

Néanmoins, il confirme que la lettre de la famille a été reçue au bureau de circonscription.

La députée sortante de Sherbrooke Élisabeth Brière a préféré décliner notre demande d’entrevue, en rappelant que la situation de la famille était maintenant entre les mains du provincial, et non du fédéral.

«Si on n’a pas de réponse, si on n’a pas de papiers rapidement, faudra prendre la décision de rentrer», a analysé Delphine Pitois, qui rappelle que le choix devra être fait bien avant la prochaine rentrée scolaire des trois enfants.

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